Blanquefort

Coup de projecteur sur la dégustation des communales du Médoc du guide Hachette 2014

Chaque année le guide Hachette des vins est une entreprise de longue haleine. Il faut dire que sur l’ensemble de la France ce sont quelque 45 000 vins qui sont dégustés et analysés. Le travail commence traditionnellement dès décembre en Bordelais, avec la dégustation des médocs et hauts-médocs et finit en avril, là aussi toujours en Gironde, avec celle des sauternes et barsacs. Le 16,mardi dernier, au lycée agricole de Blanquefort a eu lieu l’une des dégustations les plus prestigieuses, celle des communales du Médoc. Coup de projecteur sur l’organisation et le déroulement de la dégustation, avec déjà en avant-première une information exclusive pour les lecteurs de Bordeaux Gazette : le succès remarquable des margaux en 2010

Avec les appellations communales du Médoc (Saint Estèphe, Pauillac, Saint julien, Margaux, Moulis et Listrac) on est dans le domaine des appellations d’appellations de renommée mondiale. Pour composer les jurys Stéphane Rosa, qui a succédé à François Bachelot et Catherine Montalbetti à la direction du guide, sollicite chaque année des professionnels de très grande qualité pour remplir les fiches de dégustation.

Salle Louis Fournier au château Dillon
photo Bordeaux Gazette - Bernard Lamarque

C’est ainsi qu’ont participé à cette dégustation à l’aveugle Jacques Conscience, Marie-Laure Lurton-Roux, Alain Bistodeau, Nathalie Meyre, Alain Coculet, Lucien Guillemet, Serge Fourton. Pour ne citer qu’eux. Au total ce sont 59 œnologues, propriétaires, maîtres de chai et négociants, tous bénévoles, qui se sont retrouvés pour juger de la qualité de près de 300 vins.
Tous les producteurs peuvent présenter leur cru, dans le millésime qui va être mis en vente en septembre 2013, à savoir le 2010 pour les communales du Médoc. Quelque soit leur classement tous les échantillons sont dégustés de façon totalement anonyme. Les bouteilles sont muettes avec seulement un numéro de code. Si le flacon du producteur contient un élément caractéristique, comme un signe gravé, le vin est obligatoirement transvasé dans une bouteille neutre.
Les dégustateurs ne connaissent donc que l’appellation et le millésime.
Chaque échantillon est décrit précisément dans une fiche et noté de 0 à 5. Le 0 (vin à défaut) et le 1 (petit vin sans grand intérêt) sont éliminatoires ; les notes 3, 4 et 5 valent une, deux ou trois étoiles dans le guide. Les jurys ont la possibilité de décerner des coup de cœur qui sont les plus du Guide Hachette des vins. Pour pouvoir bénéficier de la mention "Coup de Cœur " il faut déjà qu’il y ait unanimité lors de la dégustation initiale. Ensuite le jury fait confirmer son avis par une autre table de dégustateurs.
Certains responsables de commission, comme Antoine Lebègue, qui est aussi l’auteur du livre de cave du guide Hachette, sont connus des professionnels. En revanche, pour qu’il n’y ait aucune pression sur les choix avancés, les rédacteurs conservent l’anonymat. De plus le dossier accompagnant chaque vin comporte les fiches de dégustation jusqu’au traitement final à Paris.
Les résultats ne seront connus qu’en septembre 2013, lors de la parution du guide. Toutefois, dès la fin de la dégustation on voit se dessiner quelques grandes tendances. Car à la fin de la dégustation, les participants échangent leurs impressions. "Surtout en Gironde, où il existe une ambiance particulièrement chaleureuse", explique Stéphane Rosa, qui, certes, a fait ses études supérieures (Sciences Po) à Bordeaux, mais s’empresse de préciser que "ses prédécesseurs avaient le même sentiment ».

Alain Coculet, Antoine Lebègue, Stéphane Rosa et Jacques Conscience en discussion après la dégustation
photo Bordeaux Gazette - Bernard Lamarque

Ainsi, en ce qui concerne la dégustation du jour, Richard Mas a fait remarquer que l’année 2010 était plus difficile à goûter que l’année 2009 et pour sa part Jacques Conscience estime que la climatologie de 2010 a homogénéisé la production et que les terroirs sont moins marqués. Néanmoins les dégustateurs ont détecté d’excellentes choses, notamment parmi les Pauillacs et Margaux. Ces derniers sont visiblement les grands vainqueurs de la dégustation. Les dégustateurs des tables margalaises sont sortis unanimes et enthousiastes : " 2010 a toutes les chances d’être remarquable à Margaux".
Les "Coups de cœurs" sont de vrais "boosters" pour les vins qui en héritent. Ils peuvent faire démarrer un cru peu connu et amener selon la notoriété du château jusqu’à 10% ou plus de commercialisation supplémentaire. L’impact du guide est très fort sur les ventes au détail soit comme sur celles en GMS et chez les cavistes. En revanche l’incidence semble moindre chez les négociants. Mais là aussi les choses bougent. Certains jeunes négociants ont démarré en partant des références du guide.
Le guide lui-même évolue. Ainsi aux quelque 120.000 acheteurs du guide papier il faut maintenant ajouter les 250.000 visites sur Internet et les téléchargements sur Smartphone. Enfin, le guide s’internationalise, une édition en chinois va paraître fin mars début avril. En effet, comme le fait remarquer Antoine Lebègue, qui doit retourner en Chine en avril, "les Chinois préfèrent faire confiance à des Français plutôt qu’à des Britanniques ou des Américains pour parler du vin."

Plus de photos de la dégustation

Ecrit par Bernard Lamarque


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