Bordeaux

Quand Burdigala (Bordeaux), était la rayonnante « petite Rome »

Après qu’en 276 et 277, les hordes germaines aient déferlé sur Burdigala, pillé et tué sans pitié et envahi la cité, alors sans murs ni tours de défense, les empereurs romains entre 278 et 296 décident pour préserver l’avenir de la ville, de construire un imposant rempart. Cette fortification, dénommée par les historiens le castrum, va constituer la première enceinte de la ville et délimiter ce qui reste encore le cœur de la ville, « le siège de son âme » disent certains… Ainsi naquit un Bordeaux fortifié, avec une première enceinte.

Le port dans la ville !

Une fois le rempart construit, la nouvelle Burdigala n’a plus rien à voir avec l’ancienne ville ouverte. Une muraille de 2380 mètres de périmètre, de 9 mètres de hauteur et de 5 mètres d’épaisseur, parsemée de 46 tours, cerne les 32 hectares de superficie du castrum. A l’intérieur de la ville ainsi fortifiée, deux grandes voies se coupent à angle droit : le decumanus, axe est-ouest (aujourd’hui rue Porte Dijeaux et rue Saint-Rémi) et le cardo, axe nord-sud (aujourd’hui rue Sainte-Catherine).

Un port est creusé à l’intérieur de la ville, alimenté par la rivière Devèze et la source-fontaine Divona, et c’est la porte « Navigère » (cf plan, emplacement actuel : rue de la Devise, rue du Cancera, place du Parlement) qui protège l’entrée du port des envahisseurs.
Plan de Bordeaux
Les Portes

Construites pour arrêter les envahisseurs, les étrangers, les voleurs, les mendiants, les portes avec pont-levis et barbacane, incluses dans l’enceinte, sont elles-mêmes protégées par une double muraille et un double fossé, des tours tous les cinquante mètres renforcent le dispositif. Si, dans l’avenir, les constructions de portes et de tours vont se multiplier avec l’extension des remparts de la ville, autour de l’an 300, la première enceinte de Burdigala comprend quatre portes :

La Porte Cadène (Portau de la Cadena) qui se situe côté sud, à l’extrémité du cardo romain (actuellement croisement de la rue Sainte-Catherine et du cours d’Alsace-Lorraine), elle sera détruite en 1728.

La Porte Jovia (Porte Iovia) qui se situe sur l’axe du decumanus romain (actuellement extrémité ouest de la rue Porte-Dijeaux), connaîtra une histoire mouvementée faite de destruction, de reconstruction et de menaces d’être rasée à nouveau lors de la révolution, elle en réchappera de justesse.

La Porte Médoque (Porta Medoca) qui se situe à l’extrémité nord de l’actuelle rue Sainte-Catherine (ancien axe romain cardo), place de la Comédie. En 1773, le Maréchal de Richelieu, gouverneur de Guyenne, la fera démolir pour permettre la construction du Grand-Théâtre. C’est par cette porte qu’arrivaient à Bordeaux les meuniers qui approvisionnaient la ville des farines provenant des moulins établis sur les « jales du Médoc ».

La Porte Navigere (Porta Navigera), c’est la porte des bateaux, elle ferme l’entrée du port, près de l’église Saint-Pierre, approximativement rue de la Devise actuelle. Une statue d’Hercule, dieu protecteur du commerce et des voyageurs, retrouvée à l’entrée de l’impasse Saint-Pierre, laisse entendre qu’à l’époque romaine, cette porte aurait pu s’appeler Herculea. Elle disparaitra au XVIème siècle, suite au comblement du port intérieur.

Burdigala, la petite Rome, rayonne !!!

Une culture intense, faite de rhétorique, de poésie, de grammaire, de science, se développe à l’intérieur de cette ville close. Alors que le christianisme va lentement remplacer les idoles romaines, le poète et gouverneur Ausonius va assurer la réputation de Burdigala dans tout l’Empire romain. Quelques autres figures, tel Paulin de Nole, ou encore le romain Caius Tetricus lui aussi natif de Bordeaux, qui devint empereur des Gaules et chef des armées en 271 et fut élevé à sa mort au rang des dieux.

« Bordeaux fut mon premier amour et aujourd’hui où j’écris ces lignes, Bordeaux demeurera mon ultime amour …. J’ai le sentiment que cette ville est une divinité, une femme bien-aimée à laquelle en ce soir d’été où souffle d’Ostie une petite brise de mer, j’ai envie de dire mon adoration qui naquit et fructifia au cours de mon enfance. Elle me fit connaître le monde à sa dimension, celle d’une cité bienheureuse ».

(Extrait du testament de Caius Gracus).

Honneur et fierté de la culture romaine, Burdigala va bénéficier des faveurs impériales et s’honorer d’un Sénat. Vignes, terres à blé entourent la ville et le commerce se développe tout au long de la Garonne. Les prochaines portes et la deuxième enceinte vont attendre quelques siècles, les décisions des ducs d’Aquitaine puis du roi d’Angleterre.

Source : Portes et Tours de Bordeaux Les Dossiers d’Aquitaine

Ecrit par Dominique Mirassou


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