Talence

Bachar Aboud raconte la Syrie à travers ses médias

« Un passé riche, une dictature répressive, mais une renaissance », tel est le thème de la conférence que le journaliste syrien résidant à Bordeaux, Bachar Aboud, va animer le 9 mars prochain à 12h30, à l’amphi Renouard de l’Université Bordeaux Montaigne.

Une rencontre pour comprendre autrement le conflit syrien au travers un intellectuel qui a suivi -et suit toujours- avec objectivité, mais aussi avec peine, le chaos dans lequel est plongé son pays et la détresse de son peuple. La conférence est organisée dans le cadre du programme d’accueil des réfugiés et demandeurs d’asile mis en place par l’Université Bordeaux Montaigne. Le conférencier présentera son exposé en français, une langue nouvelle pour lui, et qu’il est en train d’apprendre avec assiduité et détermination. Bachar se confie : « Quand je suis arrivé en France il y a 3 ans, je ne connaissais que quelques mots pour communiquer, mais je me suis donné à fond pour apprendre cette langue dans le but de bien m’intégrer et en plus, c’est une belle langue. C’est dommage de passer à côté  ».
A l’heure actuelle, il suit les cours du « Département d’Études du Français et des Langues Étrangères » (DEFLE), une offre de formation en Français Langue Étrangère (FLE), adaptée aux populations de réfugiés ou demandeurs d’asile en France, proposée par l’Université Bordeaux Montaigne depuis déjà 2 ans. Le parcours du conférencier est riche, atypique et tumultueux. Diplômé de l’école de journalisme de l’Université de Damas en 1997, il a eu à travailler dans la presse irakienne et a été correspondant et rédacteur pour le journal saoudien Okaz de 2003 à 2010. Il a été incarcéré à la prison d’Al-Ha’ir de Riyad pendant 3 mois pour ses positions politiques.

Faisant un passage en Égypte, il continue à écrire et participe à plusieurs conférences et séminaires sur la révolution syrienne et l’importance du rôle des femmes. Il pose pied en France en 2014 et demande le statut de réfugié politique. Depuis, il publie des articles dans le journal « Rassef 22 » (observateur des mouvements sociaux, politiques et culturels qui traversent le monde arabe) et le magazine féminin « Saiedet Souria » (porte-parole d’une nouvelle génération de femmes syriennes). Il est membre du bureau de presse du parti Citizenship-Citoyenneté (Mouatana - organisation politique syrienne qui travaille sur un projet d’état démocratique, de citoyens libres et égaux). Bachar Aboud résume sa conférence de la sorte : « …chaque nation a une histoire différente en matière de journalisme, une histoire de son journalisme qui reflète sa vie politique et sociale et au travers de laquelle nous pouvons méditer sur le cours des événements qui s’y déroulent », et de poursuivre : « …voici que nous sommes en train, en Syrie, de redessiner l’histoire de notre pays au travers de nos moyens d’information, et ce, quelles qu’en soient les insuffisances, car au final ces médias feront partie de l’histoire d’un peuple qui a été laminé par un régime totalitaire qui avait réussi jusqu’à l’empêcher de vivre ».
Bachar a de l’espoir pour son pays et son peuple : « Nous sommes un peuple qui doit tenter de vivre à nouveau pour être en mesure de participer à l’édification de la civilisation avec les autres peuples, notamment avec les peuples des nations les plus développées. » . Pour la conférence, et à toute fin utile, et surtout pour le débat-échanges, la traduction sera assurée par Marie-Hélène Avril, interprète et maître de conférences au département d’arabe de l’Université de Bordeaux. Une femme qui connait bien le monde arabe, ayant été en poste au Caire à l’Institut français d’Égypte (1997-2002 et 2011-2015) en tant que directrice du département d’arabe contemporain.

Ecrit par Fayçal Charif


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