Bordeaux et le vin, une très longue histoire …



Publié le 27 janvier 2017 à 12:13

Culture

L’ouverture récente à Bordeaux de la Cité du vin, illustration en tous points remarquable de la culture, de la magie et du prestige véhiculés par la viticulture et le vin dans le monde entier, ne manque pas de souligner que la vigne et le vin restent indissociables du passé, du présent et de l’avenir de Bordeaux. Bordeaux et le vin, une histoire riche et mouvementée, très souvent mal connue des bordelais eux-mêmes.


Les premiers vignobles de Bordeaux

Célèbre pendant toute l’occupation romaine pour ses terres à blé, l’Aquitaine ignore encore à cette époque une production qui plus tard servira sa gloire, le vin. Les écrits de l’époque confirment que dans cette région il ne pousse point de vignes.
Les habitants de la Gaule buvaient communément de la bière faite avec de l’orge, la cervoise, et ne connaissaient que le vin apporté par les marchands méditerranéens. Le vin est essentiellement importé de Pompéi, du Narbonnais et d’Espagne. Devenant assez vite cependant très amateurs de vin, les Bordelais n’ont pas voulu continuer à payer des droits prohibitifs qui enrichissaient les seuls négociants romains du Narbonnais.
C’est dans ce contexte, alors que de nombreuses mines d’étain ferment, que les Bituriges décident de planter leur propre vignoble avec un cépage résistant au froid, le célèbre cépage Biturica ou Biturgiaca qui nous est connu par les écrits de Pline l’Ancien et de Columelle.
L’importation de la biturica, dont l’origine reste discutée, scellera la vocation viticole de Bordeaux. Ainsi en 71 après J.C., quand Pline visite la région, les vignes sont là. Très vite, la ville se transforme en une cité de négoce où la culture vinicole pénètre tous les secteurs de l’économie, le vignoble va s’étendre régulièrement et conquérir déjà les coteaux de la rive droite.
Illustration de l'almanach de Sud-Ouest de 1950
D’Ausone aux rois d’Angleterre

Alors que déjà au IVème le prestigieux poète Ausone vante les qualités du vin de sa bien-aimée patrie bordelaise, au Moyen-Âge, les rois anglais exemptent les vins de Bordeaux de droits et taxes et défendent à leurs sujets de consommer des produits d’autres origines tant que les vins de Bordeaux ne sont pas entièrement consommés.
Rappelons qu’à cette époque, on recherche les vins « frez et noviaux, fors, âpres et bien bevans, sous la dénomination générale de vin claret », bien loin de ce que nous apprécions et dégustons aujourd’hui …

Londres premier marché des vins de Bordeaux

Londres est alors le premier marché des vins de Bordeaux et va le rester même après la bataille de Castillon qui restitue l’Aquitaine à la France. Sous Louis XI , en 1462, 4000 marins réunis dans la confrérie de Notre-Dame de Montuzet, instituée à Bordeaux, font commerce du vin.
Afin de relancer les échanges commerciaux, le roi de France fait don au roi d’Angleterre de 300 chariots de vin de Gascogne, confirme les privilèges sur les vins transportés sur la Garonne. Il va même rétablir les deux grandes foires de l’Ascension et de la Saint-Martin, créées auparavant par le roi d’Angleterre Edward III.

Le vin de Bordeaux et les guerres

Le goût pour les vins de Bordeaux va s’accroître sous la Renaissance. Les guerres des rois Louis XIV, XV, XVI vont rendre difficiles les exportations, quelques défaites vont favoriser les vins d’Espagne et de Bourgogne, quand les pays vainqueurs n’imposent pas la consommation de bière.
Les préconisations d’arrachage des Intendants ne sont pas suivies et le commerce du vin va reprendre avec l’Amérique, les Iles et toute l’Europe de nord.

Les maladies

Alors que les guerres de Napoléon et le blocus contre l’Angleterre ne vont rien arranger, les maladies de l’oïdium (1855) et du phylloxéra (1869) vont détruire le vignoble. L’histoire du vignoble bordelais permet de constater que malgré ces fléaux, les viticulteurs n’ont jamais baissé les bras.

Le classement officiel

C’est Lodi Martin Duffour-Dubergier, Maire de Bordeaux entre 1842 et 1848, qui en 1855, en tant que Président de la Chambre de Commerce s’investit afin de mettre en place le classement des vins de Bordeaux à la demande de Napoléon III.

Les vins furent classés en importance du premier au cinquième cru par l’Union des courtiers de commerce près de la Bourse de Bordeaux. Ce classement et les 88 Châteaux (61 rouges, 27 blancs) qui en font partie, reste un sujet de discussion parmi les amateurs.

En 1892, un ouvrage publié par la municipalité, vient résumer la situation et la « morale » en matière de viticulture et de vin :
« Les vins en changeant de propriétaires peuvent être modifiés. Tel cru, négligé par un propriétaire insouciant ou obéré peut tomber dans les mains d’un homme riche, actif, intelligent et par cela même donner de meilleurs produits. Le contraire peut aussi arriver ».
Tout est dit ou presque ….

L’époque contemporaine

Les guerres mondiales du XXème siècle, les crises économiques successives, la concurrence de pays émergents, l’évolution des goûts et habitudes de consommation constituent autant d’attaques sur la vigne et le vin de Bordeaux, qui ne manquent cependant pas d’atouts.
La production du terroir reste noble en bordelais, ainsi que la culture et le savoir-vivre qui entourent cette pratique ancestrale.
Inscrit non seulement dans son patrimoine mais aussi dans ses gènes, l’art viticole à Bordeaux peut s’enorgueillir de par ses racines millénaires, sa richesse historique et la tradition qui s’y rattache, d’être en tous points incomparable.
Autant de valeurs auxquelles les Bordelais qu’ils soient, producteurs, négociants ou simples consommateurs, semblent de plus en plus attachés ….

Sources (Dossiers d’Aquitaine)


Dominique Mirassou


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