Léognan

Château Léognan au Club Édouard Féret : des néo-viticulteurs qui ont bien compris l’esprit du bordeaux.

Venus de l’imagerie médicale, les Miecaze ont redonné vie au château Léognan, un cru qui joue la carte de la finesse. La dégustation de leur vin dans le cadre du Club Édouard, le 17 novembre à la libraire de la Comédie en a apporté la preuve. Mais l’originalité de leur démarche ne s’arrête pas là.

Médocain pour ses deux premières rencontres (avec Marie-Laure Lurton et Laurent Tereygeol) Bruno Boidron, directeur des éditions Féret et du Club Édouard Féret a mis le cap plus au sud avec son troisième invité, Philippe Miecaze, qui n’est autre que le propriétaire du château Léognan. En 2006 Philippe ou, plus exactement, Chantal Miecaze (prononcez Miécaze) découvre cette belle demeure des XVIIe et XIXe siècles par internet. Quoique bucolique et fort élégante, cette construction qui commande un domaine de 80 hectares de bois est un peu l’abandon. Toutefois le domaine possède un petit trésor : un vignoble rouge de six hectares de belle facture et fort bien tenu, car confié en fermage au Domaine de Chevalier. Le contrat de fermage venant à terme, le couple doit redonner une vie autonome au cru tout en restaurant le patrimoine bâti de la propriété. Un double défi pour des néo-ruraux venant tout droit du monde de l’imagerie médicale.

Et une double réussite. D’abord dans le vin, la propriété complétée par un vignoble blanc d’appellation graves, propose un vin élégant et harmonieux, tout en finesse dans les deux couleurs, prouvant que le couple, bien que parisien d’origine, a parfaitement compris et assimilé l’esprit du bordeaux et de Bordeaux. Et s’ils ont donné une nouvelle jeunesse au vignoble les Miecaze ont fait de leur domaine un pôle de développement touristique dans la région grâce à la passion de l’ancien propriétaire pour le cheval : la propriété se prêtant bien aux balades en calèche, le couple en a profité pour offrir une gamme de produits touristiques allant des chambres d’hôtes aux visites des chais en passant par un restaurant. Un bel exemple de dynamisme d’autant plus intéressant qu’il reste discret.
Ce soir à 19h15 la librairie de la Comédie-Féret (48-50, Cours du Chapeau Rouge à Bordeaux) prendra des airs de fête avec Corinne Lateyron et son crémant dont la réputation n’est plus à faire.

Ecrit par Antoine Lebegue