Fonctionnaires, l’impossible discussion !



Publié le 16 février 2017 à 14:40

Politique

Hier, point de divergence entre Alain Juppé et François Fillon, du moins en ce qui concerne le nombre de postes à supprimer, les fonctionnaires et leur avenir sont en train de devenir un sujet politique majeur dans notre pays, point de friction entre candidats qui devrait perdurer tout au long des mois qui viennent et peut-être même beaucoup plus longtemps.


Ne pas tout casser ….

Si nul français ou du moins très peu d’entre eux souhaitent brader le Service Public, tant par exemple au niveau de l’Education Nationale, de la Police que de la Santé, car il participe à l’équité et à la solidarité au sein de notre République, le débat comme la France en a l’habitude semble bien mal parti, sur les bases de la stupide loi du tout ou rien, du pour ou contre sans nuance, bref d’un manichéisme stérile.
Privilégiés ou non, même si le mot est certes fort, les fonctionnaires quoi qu’ils en disent sont loin d’être les plus mal lotis dans notre pays tant au niveau de leur statut que de nombreux petits plus, notamment au niveau de la retraite, de l’avancement, des primes, de la pension de réversion, de l’absentéisme, du calcul du montant des retraites, de l’âge de départ , avec des résultats concrets en terme de montants versés aux retraités, à ce jour bien supérieurs à ceux du privé etc …
Ayant à ce propos toujours réclamé que le privé soit aligné sur leur statut, les fonctionnaires ont juste oublié que c’était économiquement tout à fait impossible.
Sans que les Français s’offusquent plus que ça de cette accumulation de petits plus, ceux-ci ont cependant le don d’irriter les salariés du privé pour lesquels ce défaut d’équité n’est ni justifiable, ni acceptable et même en passe de devenir tout à fait intolérable.

Record de dépenses publiques

Quant au problème des suppressions de poste, point crucial de la discorde actuelle, il est pour les uns non seulement urgent de ramener les dépenses publiques à un taux comparable à celui de nos voisins européens, taux compatible avec nos déficits et le montant de notre dette, aujourd’hui 57% du PIB contre 50% et souvent moins chez nos partenaires, mais aussi de voir si nos fonctionnaires « fonctionnent » et si les coûts actuels se justifient en terme de qualité de service fourni au public. De quoi bien sûr révolter les fonctionnaires se vivant comme des boucs émissaires injustement dénoncés à la vindicte populaire, selon eux nullement privilégiés, efficaces et mal payés, ce qui ne semble cependant pas tout à fait vrai malgré ce qu’ils clament avec force.
De nombreux abus constatés par les Français, çà et là en matière de qualité du service, de dysfonctionnements et de manque d’opiniâtreté au travail ne sont pas inconnus du public et participent à l’irritation d’une population de plus en plus divisée à ce sujet, faisant que l’opinion publique a beaucoup de mal à comprendre les réticences des fonctionnaires notamment en matière de temps de travail, dès lors que nombre d’entre eux « fonctionnent » déjà largement en dessous des durées légales.

Un peu de mesure !

Mettre un peu d’ordre dans tout ça, sans réveiller les positions extrêmes et souvent caricaturales émanant d’un peu partout, ne va pas s’avérer aussi simple que certains le pensent ou le souhaitent, d’autant que le chiffre de 500.000 suppressions de postes en cinq ans est en train d’être avancé comme un épouvantail électoral inespéré par la gauche. Par ailleurs, entre les 250.000 suppressions déjà douloureuses annoncées par Alain Juppé et les 500.000 annoncées par François Fillon, indépendamment du risque évident de désorganiser plusieurs services faute de tout recrutement pendant 5 ans, l’impact de l’« économie réalisée » loin d’être immédiat et le remplacement des postes supprimés par des emplois marchands loin d’être évident, un temps de latence plus ou moins long sera au début, indubitablement source d’un chômage accru.
Avec un taux record de son PIB en matière de dépenses publiques, l’Etat français qui a créé depuis une vingtaine d’années un million de postes de fonctionnaires pas vraiment nécessaires mais venus compenser la très faible création d’emplois dans le secteur privé, ne peut continuer à alimenter un tel déséquilibre.
L’Etat doit-il pour autant pratiquer à la hache une coupe sans aucun doute dangereuse à plusieurs égards ?
La démarche de réduction des effectifs de fonctionnaires en tant que démarche de meilleure gestion, destinée à donner tous ses fruits au fil du temps et à assainir ainsi durablement une partie des comptes de l’Etat, bien que nécessaire, ne saurait en raison de l’urgence de faire des réformes brandie par la droite de la droite, endommager par précipitation l’organisation des services et créer un climat social délétère.
La juste dose s’impose et la grande majorité des Français désirent dès maintenant la mise en œuvre de cette réforme dans l’intérêt supérieur de l’Etat, dans la vérité des faits et statuts à corriger et dans le respect de tous les partenaires concernés.
Quant à tous ceux qui pensent que si l’on n’agit pas vite et fort, rien ne se fait, en grande partie ils se trompent, tant « la mesure » et la « persévérance » sont tout aussi essentielles pour réussir les réformes. Sans oublier l’indispensable fermeté, n’est-ce pas faute de ces qualités et non pas faute d’empressement que nous échouons depuis quarante ans ?

Les scandales fleurissent …

Le manque évident de continuité dans une politique non pas de casse sociale mais d’indispensable adaptation concertée à l’évolution inexorable du monde, politique à l’évidence fort peu favorisée par les alternances de majorités et leurs accès de démagogie et de clientélisme, explique en grande partie l’essentiel de nos échecs.
Ajoutons à toutes ces considérations le sentiment difficilement supportable ressenti par de très nombreux français du fait que les sacrifices sont toujours demandés au même alors que dans pas mal de milieux, qu’ils soient de la politique, du sport, du grand patronat ou des affaires, les accommodements avec la rigueur, l’honnêteté et la morale sont de moins en moins exigeants et que les scandales fleurissent.
Le Général de Gaulle en son temps aurait parlé de chienlit, pas vraiment de quoi unir et mobiliser le pays !


Dominique Mirassou


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