Intelligence artificielle : ce qu’il faut retenir du rapport de Cédric Villani

Cédric Villani, célèbre mathématicien et député de La République En Marche a rendu mercredi 28 mars, un rapport de 233 pages sur l’intelligence artificielle. Commandé par l’actuel premier ministre Edouard Philippe, ce rapport avait pour objectif de mieux diriger les investissements du gouvernement sur ce sujet. Pour le mathématicien « la France n’est pas le meilleur pays dans le domaine de l’intelligence artificielle, mais elle a tout de même des atouts à jouer ». Quatre secteurs prioritaires d’investissement ont été pointés : la santé, l’environnement, le transport et la défense.

Dans ce rapport, la valorisation de la recherche scientifique paraît tout d’abord prioritaire. L’objectif pour le député étant de rassembler des chercheurs, des ingénieurs, des étudiants dans des instituts interdisciplinaires à l’intérieur d’établissements public destinés à la recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle. Pour accélérer le recrutement dans ces instituts, il y aurait peu de formalités administratives, et des compléments de salaire afin d’être attractif pour les scientifiques étrangers tout en préservant les français. Il propose aussi de doubler les salaires dans le secteur public pour les chercheurs en début de carrière afin d’améliorer la recherche française.

Le rapport invite dans le même temps à investir dans un supercalculateur (ordinateur pouvant atteindre les plus hautes performances possibles) en libre service afin de faciliter le travail de recherche sur l’IA. Villani et son équipe recommande aussi une formation plus précise dans le cadre de l’intelligence artificielle, avec la création de double cursus, exemple : droit/intelligence artificielle. Mais le mathématicien semble inquiet « L’IA ne peut pas être une machine à exclure ». En effet selon le député, la mixité autour de cette activité ne serai pas respectée. Les chiffres sont clairs : les femmes ne représentent que 10% des inscrits dans les écoles d’ingénieurs en informatique. Ce manque de mixité n’est pas sans incidence dans la représentation caricaturale des robots dotés de traits féminins. Une politique incitative est donc préconisée afin atteindre 40% d’étudiantes d’ici 2020. Cette politique récompenserait les écoles et universités qui parviendrait à atteindre cet objectif.

Cependant, le rapport se penche vers une transformation progressive du travail grâce à l’intelligence artificielle. Pour cela la création d’un laboratoire est préconisée pour que les chercheurs puissent analyser et tester les effets de l’IA sur l’économie mais surtout sur l’emploi. « L’IA pourra être aussi écologique », et Cédric Villani insiste sur ce point. En effet pour l’industrie du semi-conducteur (production des composants de base des technologies de l’information et de la communication), l’innovation dans la fabrication des puces pourrait permettre des économies considérable en électricité. Expliquer les différents algorithmes de l’intelligence artificielle fait aussi parti des objectifs du mathématicien. Il est parfois délicat pour un concepteur d’expliquer le résultat obtenu et de justifier le cheminement logique de l’analyse de donnée, opérée par le système d’IA qu’il a pourtant lui même créé. L’objectif étant de pouvoir comprendre ce qu’il se passe si jamais un algorithme est défaillant, ou remis en question. Enfin le rapport insiste sur la bonne utilisation de l’intelligence artificielle. Pour Villani tous ceux qui contribueront au développement et à la commercialisation de l’IA devront suivre des cours d’éthique dans des formations en informatique et en école d’ingénieur, afin qu’ils soient en mesure de cerner les impacts socio-économique de cette activité, ainsi que ses limites.

Ecrit par Jean Rinaud


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