Bordeaux

L’aménagement de la place Gambetta aurait mérité un peu de pédagogie

Le fait brut de l’abattage de 17 marronniers place Gambetta a fait beaucoup réagir dans cette période hypersensible où le réchauffement climatique n’est pas passé inaperçu et où le ministre Hulot a jeté l’éponge.

Doit-on considérer que l’annonce de l’abattage imminent de 17 marronniers place Gambetta était une fake news, dans la mesure où tôt ou tard il sera procédé à l’opération qui n’est que le fruit de cinq ans de négociations d’un projet d’aménagement qui a été acté aussi bien par la Métropole que par la Mairie et d’après les responsables du quartier que Bordeaux Gazette a rencontré, à l’unanimité. Il se trouve que ces 17 marronniers sont le tribut à payer pour l’équilibre de l’aménagement du lieu qui s’appuyait sur deux exigences non négociables à savoir supprimer le giratoire de la place Gambetta, sans couper la continuité des cours et conserver un équilibre entre côté Est et côté Ouest. D’après Francis Diard ancien président de SOS place Gambetta, Patrick Bosc, président de la nouvelle association Esprit Gambetta qui a succédé à SOS place Gambetta et Michel Garrigue président de l’association des commerçants de la place, la solution n’a pas été facile à trouver et a donné lieu à de longues tractations. Le nœud de l’affaire étant la suppression du giratoire sans couper la place en deux qui eut été un massacre, il fallait donc choisir de passer par un côté ou par l’autre en préservant le noyau central auquel on ne peut pas toucher avec son magnolia bicentenaire.

Francis Diard, Patrick Bosc et Michel Garrigue

La logique du projet choisi veut que l’espace piétonnier décidé dans l’aménagement de cette nouvelle place Gambetta fasse le lien avec les espaces piétonniers de la rue Porte-Dijeaux et des rues des Remparts et Bouffard plus en corrélation avec le centre soit donc favoriser le côté Est de la place et le parvis devant l’ancien Virgin en imposant une double baïonnette. Pour faire passer le trafic côté Ouest il fallait donc augmenter le calibrage de la voie asphaltée sans trop manger de trottoir aux riverains ce qui a amené à rogner sur un côté de la place avec la conséquence qui aujourd’hui met la population en émoi avec l’abattage de 17 marronniers. Pour ce qui concerne la "lisière transparente" personne n’en a fait état et il a été seulement précisé que la procédure de ravalement des façades sur le pourtour de la place était lancé. Autre précision apportée, les nouveaux arbres implantés seront des spécimens de huit à dix mètres de haut et non des "gringalets" comme on a pu souvent le constater. D’autre part, le plan d’eau sera modifié car tel quel, il est insalubre et des rats auraient colonisé le lieu mais des rats il y en a, à peu près, partout en ville, surtout quand il y a de la nourriture. Sûrement que pour apaiser les esprits, la solution d’extraire les marronniers pour aller les replanter dans un endroit ad hoc serait un geste écologique de grande classe.

Début des travaux angle Sud-Ouest

Peut-on attendre un tel geste qui serait sûrement onéreux et techniquement un peu compliqué, mais le savoir faire horticole d’aujourd’hui est-il moins évolué qu’en 1868 ou quarante arbres presque adultes, dont un cèdre deodora de l’Himalaya à la cime conique, deux magnolias grandiflora et un oranger des Osages, provenant du domaine de Pellegrin sont installés dès l’automne sur le site* de la place Gambetta pour sa première mue. Quelque part, créer un bosquet des survivants de la place Gambetta aurait une certaine allure et là, il s’agirait d’en transplanter 17 et non 40 comme il y a plus d’un siècle. Si en ces temps de tempête écologique on savait faire preuve d’intelligence et de magnanimité car un phénomène qui nous dépasse et qui met en péril l’humanité toute entière menace, les choses avanceraient peut être d’autant. C’est le thème d’une des conférences de Climax#4 qui se tient actuellement " L’homme est-il désormais une espèce en voie d’extinction ? ". En attendant les travaux avancent en commençant par le remplacement des réseaux et après il y en a encore pour deux ans laissant le temps peut être à la réflexion. On pourrait toujours faire appel au crowdfunding pour financer la transplantation et ce serait l’expression de la volonté populaire de sauver ces 17 marronniers.

* source : Bordeaux Jardins Parcours en ville de Philippe Prêvot

Ecrit par Bernard Lamarque


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