Bordeaux

L’exposition "Douro, l’air de la terre au bord des eaux" ouverte à la Cité du Vin

Chaque année la Cité du Vin offre la possibilité à un pays viticole qu’il s’agisse d’une région ou d’un pays de présenter une exposition culturelle pour une durée de trois mois sur l’histoire et les richesses de ses vignobles et de son vin

Il s’agit de la deuxième exposition de ce genre après celle consacrée à la Géorgie sous le titre " Géorgie, berceau de la viticulture". Pour cette exposition c’est la vallée du Douro qui est présentée d’une manière à la fois contemporaine et historique où le personnage centrale est ce fleuve qui prend sa source en Espagne dans la sierra de Urbión à plus de 2000 mètres d’altitude et qui traverse le Portugal dans sa totalité pour aller se jeter dans l’Atlantique Nord après avoir traversé Porto. Porto est une ville analogue à Bordeaux car elle a donné son nom à son très célèbre breuvage comme Bordeaux a donné son nom à son vin à cela près que les lieux d’élaboration du Porto sont dans cette ville au bord du fleuve tandis que le Bordeaux gambade à travers ses châteaux et la Gironde dans un paysage moins accidenté. Ainsi le fleuve tient une place importante pour ces deux villes mais ici le fleuve est la colonne vertébrale du vignoble qui s’étage en terrasses de part et d’autres de ses rives sur le Haut Douro, le Haut Corgo et le Bas Corgo et qui même s’il est navigable sur une grande partie de son cours ressemble plus souvent à la partie de la Garonne située dans les Hautes Pyrénées qu’au cours tranquille qu’elle présente en Gironde.

Vallée du Douro

Ecoutons ce que dit Eglantina Montero, commissaire de l’exposition « Douro est le nom d’un fleuve devenu également le nom d’une région. Ce sont près de 100 kilomètres ou le Douro est l’eau et la terre. Une véritable rencontre entre l’eau, la roche, la nature, les animaux et les hommes où tout est démesuré : la vallée profonde et serrée, la température brûlante, la réverbération du schiste brillant et les terrasses en escalier que les hommes ont créées sur les pentes. Car se sont les vignes qui ont été la motivation pour défricher ces pentes raides. La jonction de tous ces éléments atteint ici un point d’équilibre d’où naît une forme de vie végétale irremplaçable, que la fermentation trans forme en vin. » D’autre part le vignoble de la vallée du Haut Douro, au Portugal, produit deux appellations d’origine, le Porto et le Douro, dans les terroirs viticoles des sous-régions de Baixo Corgo, Cima Corgo et Haut Douro, au nord du pays. Si aujourd’hui la mécanisation a pénétré cette région qui reste difficile d’accès, on peut voir dans cette exposition de fabuleuses images d’archives qui montrent les exploits réalisés pour transporter les précieux jus jusqu’à Porto dans des embarcations rustiques et peu manœuvrantes qui n’arrivaient à remonter le cours du Doura que grace à la traction animale ou humaine par le truchement de cordes.

Embarcation sur le Haut Douro avec ses fûts de vin

Nuno Faria lui aussi commissaire général éclaire la scénographie de l’espace dédié à cette exposition. « Nous avons invité l’atelier d’architecture Skrei, installé à Porto et l’oenologue et producteur Mateus Nicolau de Almeida qui développe une collaboration continue et fructueuse dans la région du Douro, à VilaNova de Foz Côa, autour de la création de lieux de culte du vin. Ensemble, nous offrons un panorama, une enquête sur les secrets de la région, dans laquelle dialoguent la connaissance du passé et l’expérimentation, sous la tradition des moines cisterciens. L’ exposition est donc une évocation animiste de la région , qui convoque la voix des hommes, le chant des oiseaux, le cours des eaux et le souffle du vent. » Ainsi on peut découvrir des échantillons de roches représentatives de lithologies de la région du Douro et des prélèvements de sols en bouteilles ou une projection sur tissu des principaux cépages du Portugal dûment identifiés avec la traduction en Français voire la pierre de schiste dans une structure d’acier noir, le schiste étant l’essentiel du sol de cette région qui fournit la matière pour construire les habitations de cette vallée de formation géologique appelée « complexe de schistes et de grauwackes anté-Ordovicien »

Ecrit par Bernard Lamarque