Bordeaux

La PERICHOLE de Jacques Offenbach à l’Opéra National de Bordeaux

"La Perichole", ouverture en rouge et noir de la saison de l’Opéra National de Bordeaux, osée et décalée.

Jacques OFFENBACH (de son vrai nom Jacob Eberst) un nom qui fleure bon les petites femmes de Paris, le french cancan, le brésilien qui avait de l’or, le champagne et le second empire. Foin de toute cette imagerie vieillotte pour ce spectacle mis en scène par Romain GILBERT ! S’il s’agissait de dépoussiérer durablement la célèbre pelisse du compositeur, la mission est accomplie avec un parti pris de modernité et d’inventivité qu’il faut ici saluer. Pourtant, qu’est-ce que l’Opéra ? N’est-ce pas avant tout la musique, les grands airs envolés par de grandes voix ? Nous assistons depuis quelques années à une « théâtralisation » de cet art et c’est heureux car la dramaturgie apporte souvent une nécessaire et intelligente interprétation à des livrets quelquefois indigents. Toutefois, la mise en scène de cette « PERICHOLE » est très puissante, peut-être trop ? à tel point d’ailleurs qu’elle capte toute l’attention. L’utilisation des marionnettes d’ Emilie VALANTIN et Jean SCLAVIS apporte à ce spectacle beaucoup de poésie avec de très jolis moments comme ce pendu suspendu à un clair de lune, ces faux spectateurs en loge face à face se retrouvant enlacés ou encore pour le dernier tableau ce mur de poupées rappelant le Pérou, pays de l’intrigue.

Le code couleur utilisé rouge vermillon sur fond noir souligne très pertinemment que cet opéra bouffe n’est pas qu’insouciance et légèreté mais qu’il frise par instants la tragédie (tentative de suicide de Piquillo, son enfermement …) et que la critique du pouvoir y est pour le moins très aiguisée. Rappelons qu’OFFENBACH s’est assez librement inspiré du « Carrosse du Saint Sacrement » de MERIMEE. Sa « perra chola » (chienne d’indienne) devient « LA PERICHOLE ». L’ouverture a été parfaitement enlevée par l’orchestre de l’ONBA, ah, non, pardon ! Par les « MUSICIENS DU LOUVRE » formation crée par le maître Marc MINKOWSKI … Malgré une laryngite annoncée par le Chef, AUDE EXTREMO mezzo-soprano, a été une « PERICHOLE » inspirée et convaincante et sa voix superbe a su exprimer toute la tendresse et la passion du célèbre : « je t’adore » STANILAS DE BARBEYRAC (PIQUILLO) est un ténor magnifique. Son timbre a une couleur chaleureuse, de plus il a le panache et le talent théâtral qui lui permettront d’aborder une grande palette de rôles lyriques. ALEXANDRE DUHAMEL (DON ANDRES DE RIBEIRA) est un baryton désopilant et sa prestation scénique du Vice-Roi restera certainement dans les mémoires. Il faut citer entre autres OLIVIA DORAY soprano mais il faudrait pouvoir les nommer tous tant les voix réunies par MARC MINKOWSKI sont remarquables. "La Perichole", ouverture en rouge et noir de la saison de l’Opéra National de Bordeaux, osée et décalée.


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