La Saint Barthélemy à Bordeaux, des centaines de huguenots égorgés !!!



Publié le 10 novembre 2017 à 10:53

Culture

Le 24 août 1572, Catherine de Médicis et son fils le roi Charles IX déclenchent le massacre de la Saint-Barthélemy, « Eh bien qu’on les tue, mais qu’on les tue tous, qu’il n’en reste pas un pour me le reprocher …. Et dans toutes les villes » aurait répondu Charles IX à sa mère, instigatrice du complot contre l’amiral de Coligny, chef des protestants.


La Saint Barthélemy à Bordeaux

« Tuez-les tous », l’ordre arrive à Bordeaux. Soudoyé par les hommes « à bonnet rouge » de Charles Gaston de Montferrand maire de Bordeaux, envoûté par les violentes prédications du père jésuite Edmond Augier contre les « hérétiques », fanatisé par l’appel au meurtre du jurat Pierre de Lestonnac et trompé par les harangues du prédicateur de la paroisse Saint Michel, ( un prêtre défroqué dénommé La Godine), le bas peuple bordelais se laisse entraîner.

L’archevêque tente de modérer ce fougueux prédicateur de Saint-Michel qui, à cheval et pistolet à la main, donne l’exemple des tueries. Le maire de Bordeaux somme le prélat de protéger le prédicateur sous peine de représailles.

Gaston de Montferrand se vante « d’avoir fait égorger 264 huguenots dans la seule journée du 3 octobre 1572. Durant ces trois jours de folie meurtrière, tous les morts n’appartiennent pas au camp des réformés. Comme presque toujours, l’appât du gain, le pillage et les vengeances personnelles sont à ajouter parmi les victimes.

Massacre de la Saint Barthelemy 1572

Un maire de Bordeaux corrompu et intéressé …

Charles Gaston de Montferrand devient maire en 1573 avec pour mission de « houspiller les jurats, entraver le Parlement et mater les huguenots ».

Boscheron des Portes, auteur de l’Histoire du Parlement de Bordeaux le décrit comme « Un gentilhomme de province, distingué de par sa naissance, ne manquant pas de valeur militaire, mais en même temps l’un des hommes les moins faits pour les emplois qui exigent avant tout l’empire de soi-même et la fermeté d’âme dans les mauvais jours. Ses mœurs étaient corrompus et son désintéressement nul. Avec de pareils vices, Montferrand était fatalement prédisposé à commettre de grandes fautes dans les circonstances critiques où il allait se trouver. »

Le massacre des huguenots …

Le chroniqueur de l’époque écrit « le troisième octobre, le massacre des huguenots se fait à Bourdeaux, estant le seigneur de Montferrand, gouverneur des Bourdelois, assisté de plusieurs estrangers ».

Quels sont donc ces étrangers ?

Le comte de Montpezat en grande faveur à la cour de Paris est selon certains historiens le véritable donneur d’ordre. Quant au maire de Bordeaux il poignarde de sa main le conseiller Jean Guilloche de La Loubière, puis le parlementaire Pierre de Sevyn et toute une suite de secrétaires, d’huissiers et même un prêtre catholique malade, tiré de son lit car soupçonné d’hérésie. Devant une telle horreur, la majorité des prêtres catholiques en viennent à donner refuge aux gens pourchassés. Le seigneur de Merville, sénéchal de Guyenne, ouvre les portes du château du Hâ et sauve la vie de l’avocat Guillaume Blanc et du président du Parlement, de Lagebaston. A Bordeaux tout le monde se cache.
Premier refuge Huguenot au XVIe siècle

Le maire succombe …

Le 6 octobre, au son de la trompe, le maire Montferrand donne l’ordre « de ne plus tuer, ni piller et de lui amener ceux qui seraient pris ». Le Parlement, quoique très catholique, n’approuve pas ces mises à mort sans aucun jugement. Il dénonce et souligne dans ses registres, les méfaits de Montferrand qui a fait justice lui-même et s’est octroyé « le partage avec Montluc de la rançon en cas de capture d’un prisonnier protestant. A Paris bien sûr, mais aussi à Rouen ou à Toulouse, la Saint Barthélemy est encore plus sanglante.

Terrorisés, les protestants de Bordeaux émigrent vers le Béarn ou l’étranger, les pasteurs Jacques de Bordes et Olivier de Mollay partent pour Londres.

Alors que dès 1573, les partisans des huguenots reprennent les hostilités, Montferrand reprend les armes et se porte au secours de Montluc au siège de Gensac où il reçoit un coup mortel d’arquebuse. Il est enterré à Saint-André le 12 juillet 1575.

(Source : Dossiers d’Aquitaine)


Dominique Mirassou


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