Le Douro, mais encore ?

Depuis le cinq octobre, la Cité du Vin propose de découvrir la deuxième "exposition vignoble invité" sur le Douro qui offre une approche culturelle et civilisationnelle que l’on peut approfondir de manière plus conventionnelle à travers l’ouvrage Le Douro.

On peut se procurer la brochure Le Douro à la Boutique de la Cité du Vin pour découvrir le Douro tel qu’il est aujourd’hui au XXIème siècle dans son fleuve et ses paysages façonnés par l’homme à travers la culture de la vigne et à travers les siècles. La vallée viticole du Douro ne produit pas que du Porto, vin muté, mais aussi des vins dits "secs", moins connus. Le lieu de production des jus qui donneront le Porto sont essentiellement récoltés dans le Cima Corgo et le Douro Superior, le Porto étant un vin muté, il réclame une vendange gorgée de sucre donc produite dans les régions les plus chaudes qui se situent donc dans ces deux sous-régions du Douro, lieu de production traditionnelle des vendanges permettant d’élaborer du Porto. Un vin muté est un vin auquel on apporte un alcool neutre, une eau de vie de vin pour arrêter la fermentation alcoolique permettant de conserver du sucre au vin mais elle doit intervenir à un moment précis ni trop tôt ni trop tard, ce qui altérerait le produit obtenu. En général on ajoute au moût, une petite quantité d’eau de vie de vin qui titre environ 80 pour cent d’alcool. Bien sur ces opérations sont réalisées sur place avant que les vins ne soient transportés dans les caves à Porto pour leur vieillissement et leur affinage..

Si le Porto est ce qu’il est aujourd’hui, il le doit un peu, voire même beaucoup à la France car les anglais étaient très friands des vins de Bordeaux, Bordeaux étant leur lieu d’approvisionnement en vin, ce qui participait au développement du commerce local. Les relations étaient bonnes entre la France et l’Angleterre mais si pour la Guerre de Hollande France et Angleterre furent alliés, pour la guerre de la Ligue d’Augsbourg qui va dresser la France contre le Continent (guerre de neuf ans) les alliances vont changer et le conflit va se poursuivre pendant la guerre de succession d’Espagne entraînant le blocage des ports français pendant une longue période. Les anglais vont alors se tourner vers les vins du Portugal, un peu plus éloigné et supportant un peu moins bien le voyage. Deux négociants Anglais vont découvrir, tout à fait par hasard, un vin qui avait la particularité d’être additionné d’eau de vie, secret de fabrication d’un moine-abbé qui le produisait en toute confidentialité. On découvrit à cette occasion que ce vin « fortifié ou muté » présentait la particularité, et donc l’avantage, de voyager sans se gâter ni se dénaturer durant les transports et les voyages vers des destinations lointaines. Le goût particulier de ce vin rencontra dès lors un certain succès en Angleterre : le Porto venait de naître au monde.

Cima Corgo photo graphies de Pedro Veloso, Sergio Fonseca

Le Porto est souvent considéré comme la première appellation contrôlée au monde ayant été répertoriée en 1756, mais à tort, puisqu’il s’agit en fait du Tokay de Hongrie, en l’an 1700. Le porto est un vin « fortifié ou muté », fait de raisins de premier choix de cépages sélectionnés, cueillis dans la vallée du Douro. Les facteurs naturels sont les éléments primordiaux à l’élaboration d’un bon porto. Pour cela sont important le sol, le climat, l’orientation, l’altitude et le mutage bien sur. Pour ce dernier point, le « maître de chai » ajoute un alcool de raisin à hauteur de 20% environ d’une eau de vie de raisin à 80% soigneusement sélectionnée, au moût (jus de raisin fermenté) pour en bloquer la fermentation conservant ainsi son sucre au produit élaboré. La teneur en alcool des portos est donc plus élevée qu’un vin de table « classique » (entre 19 et 22 pour cent). Le goût en est aussi plus doux, et un peu plus sucré. Le nom porto provient, de façon évidente, du nom de la ville de Porto au Portugal, appelée « Oporto » par les Anglais. Porto est située dans le Nord-Ouest du Portugal, que le fleuve Douro traverse, avant de se jeter dans l’Atlantique. La région productrice du Porto, est à plus de 70 km en amont et on peut y voir les plus belles régions de vignobles, et de multiples quintas accrochées sur les pentes des berges du fleuve dans un paysage extraordinaire. (Quintas signifiant domaines en portugais).

Douro Superior photos Pedro Veloso, Sergio Fonseca

La vallée du Douro ne produit pas que du Porto à partir des cépages touriga nacional, touriga franca (qui n’a rien à voir avec la France) et tinta roriz, mais aussi des vins dits secs c’est à dire non mutés dont les français sont gourmands mais qu’ils connaissent peu ou n’en n’ont pas une connaissance correcte. En France on connait mal aussi le Porto et on a tendance à le consommer à l’apéritif alors qu’il y a deux grandes classes de Porto les Ruby qui vieillissent en bouteilles qui s’éventent vite après leur ouverture, plutôt orienté pour être consommés durant un repas et les Tawny, vieillis en fût qui peuvent être consommés pendant plusieurs semaines une fois la bouteille ouverte, c’est celui que l’on trouve le plus fréquemment chez les français pour le déguster à l’apéritif voire pour accompagner le melon ou certains fromages avec les bleus, les pâtes dures bien affinées et les chèvres. Il existe aussi des Porto blancs et rosés de préparations complexes pour obtenir la robe blanc-jaune pâle ou rosée. A chacun de se documenter pour se cultiver, goûter et faire ses choix.

Le Douro
Voyages et Histoires
Pedro Veloso, Susana Fonseca, Sérgio Fonseca
Objecto Anonimo,Lda
Cinquième Edition novembre 2018
disponible français, portugais, anglais, allemand, espagnol
128 pages
broché
14 €
ISBN 978-989-8256-08-9

Ecrit par Bernard Lamarque


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