Bordeaux

Les Mascarons, symboles de Bordeaux …

Ornant de nombreuses façades richement sculptées, les mascarons qui passèrent à l’époque de Tourny pour des ornements sans grand intérêt, se distinguent aujourd’hui tant par leur valeur symbolique que par leur popularité auprès des Bordelais.

Célèbres mais mal connus …

Sauf sur quelques façades prestigieuses, on ignore le plus souvent les noms de leurs auteurs ainsi que leur nombre exact, de 3000 à 800, si l’on considère uniquement les mascarons de l’âge classique des XVIIème et XVIIIème siècles et non pas les imitations sculptées datant du Second Empire.

Le terme de Mascaron en architecture s’applique en général aux visages sculptés sur les bouches de fontaine ou à la clé des arcades. Le terme d’origine italienne n’apparaît que tardivement en France.
Esclave noire

Les origines italiennes …

Sous le régne de Louis XV, les devis des sculptures de la place Royale, aujourd’hui place de la Bourse, parlent de « têtes de diverses divinités ».

Une dualité dérive de l’origine italienne où le « masque » ou « maschera » d’où provient le terme de « mascarone » est le plus souvent une figure chimérique, grotesque et fantasque dont raffolaient les Italiens de la Renaissance. Mode condamnée dans le courant du XVIIème siècle par les tenants du classicisme français pour des têtes d’une beauté sereine évoquant les dieux de la mythologie bien loin de la vision italienne.

Place de la Bourse …

Des masques grotesques apparaissent à Bordeaux autour de 1610, cours du Chapeau-Rouge et rue du Mirail, des petites têtes, tantôt monstres, tantôt figures galantes s’accrochent aux angles des fenêtres.

Le plus gros contingent de « têtes » va apparaître avec la construction par Jacques Gabriel de la place Royale, à partir de 1730 et le travail de deux grands sculpteurs : Jacques Verbeckt et Michel Van der Woort.

Dieux antiques et symboles …

Les visages qui ornent la place font apparaître autant de dieux antiques identifiables grâce aux attributs qui ornent leurs cartouches : Une chouette pour Minerve, la foudre pour Jupiter, une couronne de pampres pour Bacchus, un trident et un gouvernail pour Neptune, un caducée et un sac d’écus pour Mercure, avec à côté de ces divines figures, en autant d’allégories, des têtes grimaçantes et fantaisistes, des têtes cornues de satyres, des visages de femmes noires coiffées de plumes, un lion édenté …
Un lion édenté

Tourny et les Mascarons …

Suite à la réalisation de la place Royale, Tourny et son architecte André Portier vont imposer les mascarons dans tous les programmes d’embellissement de la ville, imposant ainsi le style officiel du « classicisme royal français » sur les quais, les allées de Tourny et la place Gambetta.

Style qui va dans une moindre mesure apparaître sur quelques prestigieuses demeures privées, puis se raréfier avec l’avènement du néoclassicisme, porteur de nouvelles tendances décoratives à la grecque, avant de disparaître à la fin du XVIIIème siècle.

Dans un contexte favorable au dépouillement architectural, la réhabilitation du style Louis XV interviendra au milieu du XIXème siècle. Les mascarons qui ornent les façades de la rue d’Aviau sur le Jardin Public, sont ainsi des pastiches Napoléon III qui rendent hommage au Palais de la Bourse de Gabriel.

(Sources : 101 objets et symboles qui racontent Bordeaux).

Ecrit par Dominique Mirassou


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