Bordeaux

Momo au théâtre des Salinières ; à la recherche de parents improbables.

La mise en scène est orchestrée par Alexis Plaire qui joue également avec Laura Luna, David Thebœuf, et Sophie Danino. Cette pièce de Sébastien Thiéry au formidable succès parisien et qui est devenu un film trouve ici une couleur particulière.

Elle, est DRH sans scrupule et lui, un pharmacien pusillanime. Ils sont un peu comme le vieux couple de la chanson de Jacques Brel « Le doux et le sévère ». Dans cette existence si parfaite, un drôle de petit gars fait irruption comme un grain de sable de fraicheur dans une machine trop bien huilée. Il est sourd et prétend être leur fils. Il est là parce qu’il va se marier et qu’il veut leur présenter sa fiancée. L’effroi et l’Incompréhension laissent vite la place à d’autres sentiments. Le passé est remué et le délire commence. Le handicap n’est pas le sujet du film, certes, mais il en est le centre et c’est toute la finesse du jeu des acteurs qui permet de supporter l’acide percutant de ces dialogues. Si Patrick nous désarme, ce n’est pas parce qu’il s’exprime drôlement, mais c’est bien parce que son besoin d’aimer est si fort qu’il donne sans détour à ces deux êtres à la vie morne et trop bien rangée, des émotions depuis longtemps oubliées . Ce sont bien eux les déshérités de la vie malgré leur réussite sociale et le jeune couple va réveiller des sentiments et des frustrations qu’ils avaient enfouis depuis des années.

Alexis Plaire, très crédible, joue ce jeune homme qui débarque dans le foyer Prioux à la recherche de ses parents. Il est si touchant que l’on comprend (presque) pourquoi l’épouse jouée par Laura Luna bascule de la cruauté à un fol engouement et finit rapidement par se métamorphoser en une « moman » débordante d’amour. Le mari joué par David Théboeuf qui veut rester celui qui garde les pieds sur terre est vite dépassé, et son comportement va également changer. Sophie Danino, elle, est une étrange aveugle au mauvais caractère qui fréquente les musées … Son rôle nous rappelle à la folie qui préside à cette histoire. On s’amuse beaucoup et on trouve cela plutôt gonflé d’entendre à notre époque si frileuse, des dialogues aussi délicieusement incorrects et sarcastiques. Au milieu de la cocasserie des situations, l’évocation de la violence de la réalité nous donne à réfléchir. S’il passe près de chez vous, n’hésitez pas, venez les voir, vous étonner, rire et vous émouvoir.
Ils sont en tournée le 2 février à Biganos, le 3 février à Pompignac, le 9 février à Castelneau, le 16 février à Portets, le 17 février à Saint Christoly, le 23 février à Léognan et enfin le 24 février à Lège Cap Ferret.
Renseignements : theatre-des-salinieres.com