Nos politiques discrédités par une communication incessante et brouillonne … la mort du silence

Pour plus de 80% des Français, il apparaît évident que les politiques passent beaucoup trop de temps à parler et trop peu à agir. Bavardages répétés et inaction caractérisent pour les Français l’essentiel de la vie politique. L’usage opportun des silences politiques a d’ailleurs cédé depuis longtemps la place à l’inflation de paroles et nous sommes nombreux à le déplorer.

Médias omniprésents

A l’évidence les temps ont changé. La multiplication des sollicitations médiatiques avec notamment les chaines d’information en continu et les réseaux sociaux créent de multiples possibilités d’interventions, interventions le plus souvent à chaud qui n’élèvent guère le niveau des débats.

Mais faut-il parler plus, parce qu’on peut parler plus ?

Dans un contexte électoral compétitif, il importe aux « candidats combattants » de ne pas abandonner la scène à l’adversaire et donc d’occuper le terrain coûte que coûte, au risque de se livrer à un bavardage sans grand intérêt. Les nouvelles « règles médiatiques » imposent de montrer que l’on agit et, souvent à défaut d’actions réellement sérieuses, tout simplement que l’on s’agite.

Pure communication

Nous évoluons à l’évidence dans la pure communication, communication soutenue et frénétique, fort éloignée d’une véritable information et d’une pédagogie utile à la compréhension de toute action politique digne de ce nom. Le flop magistral de l’inutile et on ne peut plus stérile débat sur la déchéance de nationalité est une évidente illustration de cette manipulation et de bavardages sans lendemain, malgré les postures graves prises par notre Président pour tenter vainement d’expliquer le caractère fondamental et indispensable d’un tel débat. De quoi d’ailleurs se demander, sans trop d’inquiétude cependant, comment le pays va parvenir à se remettre de cette omission !

L’électeur, désintéressé ou schizophrène

Electeur de plus en plus abstentionniste, définitivement désespéré par ces bavardages incessants et approximatifs, « le français moyen », alors qu’il peste lui aussi face à cette inflation de paroles finit par ne plus trop savoir ce qu’il veut, déplorant tout à la fois, la présence et les commentaires banals d’un Ministre sur les lieux d’un fait divers mais tout aussi capable de lui faire des reproches en cas d’absence.

Sommes-nous en train de devenir « addicts » à cette piètre communication ?

Communiquer sur tout et tout le temps ne fait qu’abaisser la parole politique et la crédibilité de nos dirigeants. De la part de nos politiques, réagir plutôt que penser, ne fait que conduire les Français à douter de leur sincérité et à affaiblir chaque jour un peu plus la considération attachée à la fonction qu’ils incarnent et représentent, et tout cela n’est pas sans gravité …

A force de voir nos dirigeants se complaire dans l’immédiateté, on peut s’interroger sur leur capacité à résoudre les problèmes sans nul doute complexes qui se posent à notre pays, d’autant qu’il semble difficile de mener une réflexion digne de ce nom, tout en assurant une omniprésence dans les Salons et autres couloirs des studios de télévision et de radio ….

La mort du silence

Le silence, outil de construction, le silence, outil de contrôle de soi, la matière silencieuse au service de la réflexion, le silence, structurant de la pensée, le silence, propice à la découverte de ce qui se cache derrière les premières apparences n’est plus guère prisé dans notre société, amoureuse du vacarme et où le bruit est devenu une garantie d’existence.

Souhaitons que nos futurs dirigeants ne craignent pas de s’imposer et de nous imposer quelques cures de silence, histoire de ne pas céder à la religion de l’actualité et du terrain et d’adopter un comportement plus responsable que celui qui conduit le plus souvent à se soumettre aux soubresauts de l’opinion.

Ecrit par Dominique Mirassou


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