Talence

« RAY CHARLES TRIBUTE » UROS PERIC- The Ruby Sisters-Franck Dijeau Big Band

Un quart de siècle dans la vie d’une association représente un évènement d’importance, une grande satisfaction pour tous ceux qui ont participé à la vie du groupe et donc une bien bonne occasion de faire la fête. ’Jazz For Ever’ n’a pas raté l’occasion en invitant ses membres et sympathisants à partager un bon et joyeux repas de famille avant d’assister à un grand concert de jazz, soul et blues.

Ayant déjà programmé cet artiste à deux reprises (Léognan 2014 & 2016), l’association ’Jazz And Blues’ avait apporté son soutien en communication à l’organisation. La grande scène de la Médoquine était la juste pointure pour loger les seize musiciens du Franck Dijeau Big Band et le piano du chef. Une section rythmique, contrebasse, batterie et guitare fait face à une section cuivre composée de trombonistes et trompettistes en modulo quatre et de cinq saxophonistes qui peuvent empoigner d’autres soufflants type flute ou clarinette. Soutenu par la section rythmique, le guitariste attaque en douceur, tandis que les treize cuivres apparaissent en file indienne suivis de Franck Dijeau.

Franck Dijeau au piano et la section rythmique

Chacun prend sa place et c’est un "Jumpin’ at the Woodside" dont l’énergie fait frissonner l’assistance ; quatre titres pour une demi-heure d’un swing puissant dans le respect de la tradition avec les yeux souvent tournés vers le Count pour "Basie-straight ahead" ou "Dinner with friends". Des occasions de s’exciter avec des solos de Franck au piano, mais aussi de François-Marie au sax ténor, Bertrand à l’alto, Thierry à la guitare, Julien derrière ses peaux ou d’autres qui, oubliés ne nous en voudront pas.

Franck Dijeau avec le Big Bang

Cette première partie s’est achevée sur un des titres les plus connus du répertoire, le "Sing, sing, sing" de Louis Prima. Une version bien enlevée avec peu de piano et que Franck dirige essentiellement depuis le pupitre. Subitement, tous les cuivres s’esbignent en coulisse laissant la scène à la section rythmique pour un long solo de batterie. Retour d’exil pour une fin en apothéose par un ’Big Band’ en pleine forme qui laisse un public conquis par la prestation. Franck attrape le micro, non pour une chansonnette mais pour appeler Uros ’Perry’ Peric qui entre, salue le public avant que de s’installer derrière le piano pour un hommage à Ray Charles.

Uros Peric

Ray était à la frontière de bien des musiques, ne disait-il pas lui-même : « Je ne suis pas un chanteur de blues, je ne suis pas un chanteur de jazz ; je suis un chanteur qui chante des blues, un chanteur qui peut chanter du jazz, un chanteur qui sait comment chanter de la musique country ». Souvent qualifié d’inventeur de la ’soul’, ne soyons pas aussi péremptoire tant les conjonctions d’influences multiples peuvent surprendre lorsqu’on y regarde de près, au travers du filtre du temps. Reste qu’il était bien là et que sa pierre, si elle n’est peut-être pas la toute première, reste essentielle à la fondation.

Uros Peric et la section rythmique

Quant à Uros (prononcez Ouroch), c’est un jeune slovène qui s’est intéressé très tôt à la musique, au piano, au jazz, au blues et qui a commencé une carrière il y a maintenant 14 ans. Il n’est pas un vulgaire imitateur de Ray, s’il a une voix très noire qui ressemble à celle du maître mais les interprétations ne sont pas copiées au millimètre ; il a ses propres arrangements et, à l’évidence, il prend de plus en plus de libertés sur scène au fur et à mesure qu’il se fait les dents et ce, avec le soutien sans équivoque du public. Son répertoire va au-delà de celui de Ray et il compose aussi, bien sûr dans le style du ’Genius’ ; il dit lui-même : <>.

Les cuivres

Et c’est parti avec "Busted" qui, grâce à une sono parfaite fait encore briller les cuivres derrière la belle voix d’Uros. Ce sera un set bien construit sur une alternance des morceaux pêchus et de blues plus lents ; au titre des premiers on reconnait, entre autres, "Mess around" ou "I got a woman" tandis qu’on se laisse bercer par "Georgia on my mind" et des accents d’une flûte tenue par François-Marie ou par le bien bel arrangement du "Careless love" du vieux WC Handy. "When your lover has gone" sera le seul vrai titre d’Uros en solo et, pile au milieu du show, nous aurons "B for blues", une de ses compositions.

The Ruby Sisters

Une belle place est laissée à des morceaux issus du grand livre américain de la musique country et au premier tiers du spectacle, les ’Ruby Sisters’ entrent en scène pour des chœurs et des versets de "Your cheatin’ heart". Ces frangines à la scène sont Isabelle, Stéphanie et Tess (ordre alphabétique) et elles vont aider à faire briller d’autres titres country, ainsi "Cryin’ time" ou un "I can’t stop loving you" qu’Uros a introduit d’une manière tout à fait personnelle. Un pot-pourri de gospels chantés a-capella a offert toute la scène à ces belles. Démarré par Isabelle en solo sur "Amazing grace", elle est rapidement rejointe par Stéphanie et Tess pour "Lay my burdens down", "Let it shine" ou "Down by the riverside" … et le public a apprécié !

Uros Peric

Le dernier quart du spectacle fût consacré aux morceaux de bravoure du maître d’Albany, ceux que le public attend toujours et, entre autres, "Unchain my heart" ou "What’d I say" qu’Uros termine debout. Avec ce titre, chacun sent bien que le spectacle touche à sa fin alors le public s’excite et refuse le départ des musiciens ; il en redemande et c’est "Hit the road Jack" au rappel. L’orchestre fût parfait, la sono aux petits oignons, un chanteur en forme qui dès lors peut se décontracter ; qui connaîssait Uros voyait bien la satisfaction dans ses yeux. Deux heures de bonheur, c’était la fête et si quand même nous allions nous coucher, les yeux pleins d’étoiles ???

Ecrit par Gilbert Béreau


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