Retour sur l’histoire des bateaux à vapeur bordelais par Michel Colle



Publié le 27 décembre 2017 à 23:27

Culture

Présenté par André Desforges, le Président de l’association "Les Dossiers d’Aquitaine", comme un "médecin, historien, collectionneur, chercheur", Michel Colle a tenu une vidéoconférence sur les bateaux à vapeur ayant navigué sur la Garonne.


Présentée à l’Espace Mably dans le cadre de la riche exposition sur l’Histoire de la Marine à Bordeaux, son diaporama avait pour fil rouge la vie de Pierre Bernadau, observateur de la vie bordelaise au XIXe siècle. La salle capitulaire de l’Espace Mably était bien remplie ce mardi soir et c’est dondc dans le cadre de l’exposition "Histoire de la Marine Bordelaise" qui se déroule du 4 décembre 2017 au 7 janvier 2018, que Michel Colle était présent pour animer une vidéoconférence sur les premiers bateaux à vapeur ayant navigué sur la Garonne. Michel Colle est revenu plus en détails sur la période allant de 1818 à 1848, c’est à dire, entre la voile qui a longtemps permis aux bateaux de se mouvoir et le navire à vapeur. Les chroniques de Pierre Bernadau servant de conducteurs à cette présentation inédite. Celui qui se définissait modestement comme "historien, magistrat, avocat, journaliste, viographe, poète..." était un homme très critique de la vie bordelaise. Il a vécu de 1762 à 1852 soit 90 ans dont 35 ans (à partir de 1817) à la Porte Cailhau au plus proche du fleuve et écrivait tout ce qu’il voyait. En effet, lui qui a traversé les époques en passant de Louis XV au Second Empire, a passé le plus clair de son temps à observer, à lire et à écrire.

Surnommé "Le Grincheux de Bordeaux" à cause de son fort caractère, il a rédigé un livre intitulé "Tablettes manuscrites", "une oeuvre destinée à la postérité" selon ses dires et où il rapporte les événements bordelais à sa manière. À noter que l’ouvrage sur lequel il a travaillé de mars 1797 à avril 1852 contient la bagatelle de 5611 pages. Pendant toutes ces années, Pierre Bernadau avait un ennemi juré qui était Marandon. Ce dernier était journaliste et ami de Claude Deschamps, constructeur du pont de pierre de Bordeaux. Le critique girondin a longuement répondu aux agissements de Marandon, membre de la "Société des Amis de la Constitution" en l’insultant. Comme le montre cette phrase signée Bernadau : "Le bouffi Marandon, autre tonne d’intrigues et de nullités, s’est tellement agité dans l’assemblée électorale du département qu’il en a été fait président." Pendant une petite heure, Michel Colle retrace donc l’histoire des bateaux à vapeur girondins. Et cela commence avec "La Garonne" qui est "le premier bateau à vapeur construit en France et lancé à Bordeaux le 2 août 1818." Ce navire de 30 CV conçu par la compagnie "Chaigneau et Bichon", servait uniquement pour le commerce. Mais "La Garonne" n’était pas le premier bateau à vapeur vu en France.

En effet, "l’Elise" construit en Angleterre et propriété de Pierre Andriel, a été vue dans le pays pour la première fois en 1816 au Havre. Celui-ci faisait 70 tonnes, avait été lancé au Royaume-Uni en 1814. En juin 1820, le bateau "La Gironde" est mis à l’eau pour la première fois. L’embarcation va même changer de nom en avril 1823 pour s’appeler "Marie-Thérèse". Par la suite, l’entrepreneur Pierre Balguerie-Stuttenberg fonde dans les années 1820 avec d’autres promoteurs la "compagnie des bateaux à vapeur de la Gironde". Une alternative aux bateaux à vapeur est trouvée le 21 juin 1822 avec les bateaux à manège. Ces navires avancent grâce à la force des chevaux présents dans la soute. Mais à partir de 1828, certains bateaux subissent des accidents, c’est pour cette raison qu’en 1837, Vincent Gâche lance les Inexplosibles avec le premier bateau qui est l’"Emeraude". Le tout premier bateau à vapeur en fer est lancé le 26 mars 1835 et s’est échoué en 1838. Les bateaux à hélice, toujours d’actualité aujourd’hui, font leur apparition le 30 octobre 1835. Enfin, la Garonne a vu des passagers célèbres venus visiter Bordeaux comme le souligne la duchesse de Berry qui est montée à bord du "Bordelais". Mais aussi le prince Louis Napoléon (futur Napoléon III) qui a emprunté le bateau "Eclair n°6". Finalement, les bateaux à vapeur ne tiendront pas la distance face à l’arrivée des lignes de chemin de fer le 27 mai 1855 pour le transport de marchandises et de voyageurs.


Rémy Chabot


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