Bordeaux

Le Bourreau de la Place Fernand Lafargue "Le Pendard" !!!

Au Moyen-Âge, le bourreau que l’on appelait aussi le Pendard ou encore le « Roy des Arlots » était celui qui, dans les anciennes coutumes, avait la charge de l’exécution des peines prononcées par les Jurats, ainsi que celle de l’inspection des lieux de prostitution. Il avait aussi autorité sur les « filles perdues » que l’on appelait les ribaudes ….




Le Bourreau ou Pendard

Le Bourreau ou Pendard ne jouissait pas d’une bonne image dans l’opinion publique, les surnoms dont on l’affublait en témoignent : Carnassier, Brise-garrot, Jean Cadavre, Cassebras etc …… Choisi parmi les criminels, en acceptant les fonctions de bourreau pendant un temps déterminé, il était gracié, recevait, au XVème siècle, cinquante livres de gage, sa livrée, un lit de quatre francs, sa couverture et quatre draps de lit.
Une fois engagé le bourreau devait prêter serment de ne jamais sortir du domicile qu’on lui offrait sans être vêtu de la livrée fournie par la Jurade, livrée constituée d’un manteau bleu marqué des deux côtés d’une échelle et d’une potence de drap jaune, de quoi ne pas passer inaperçu !!!
Le salaire du bourreau lui était versé en jetant l’argent à terre, comme on jette un os à un chien. Ses émoluments variaient selon les supplices infligés : pendaison, bûcher, marquage au fer rouge, pilori, torture, avaient chacun leur tarif. Le Pendard ne gagnait pas beaucoup d’argent, mais il était logé. Au XVème siècle, il est logé au fond d’une impasse comprise aujourd’hui dans la rue Neuve, il logera ensuite à l’angle de la rue Porte-Basse et de la rue des Ayres, puis rue Saumenude et enfin, jusqu’à la Révolution, dans une petite maison appartenant à la ville, qui prenait alors, entre rue Traversane et rue des Vignes.
La Place du Vieux Marché en 1793
La Place des tortures

C’est sur la Place du Vieux Marché, aujourd’hui Place Fernand Laffargue qu’officiait principalement le bourreau. Le pilori n’était que l’une des peines infligées par le Pendard sous le contrôle de la Jurade. Ainsi un voleur après le pilori, se voyait couper l’oreille en cas de récidive, et la troisième fois, était condamné à la potence. Les exécutions capitales quant à elles, avaient lieu devant le palais de l’Ombrière (Place du Palais) où le gibet était en bonne place. Pour les pendaisons, la sentence était cependant le plus souvent exécutée sur les lieux du crime.

D’horribles supplices

Les supplices variaient selon l’exigence des cas, les empoisonneurs étaient condamnés au feu, le blasphémateur avait la langue percée avec un fer rouge, tandis que le faux-monnayeur était bouilli et l’hérétique brûlé. Tout mendiant ou vagabond qui avait aveuglé ou estropié un enfant, était traîné par toute la ville à la queue d’un cheval. Les amants adultérins avaient le corps tenaillé avec des tenailles rougies au fer rouge, les meurtriers étaient enterrés vifs …..
Durant la domination anglaise, les enfants de moins de quatorze ans pour lesquels la peine de mort avait été supprimée, étaient fustigés par le "Pendard" à coups de verges depuis la porte du Médoc jusqu’à celle de Saint Julien, aujourd’hui de la place de la Comédie à la place de la Victoire. Les femmes de mauvaise vie tenant de mauvais propos, étaient condamnées à une amende de dix sols, à défaut de paiement, on les plongeait trois fois dans l’eau de la Garonne, ce que l’on appelait "baigner la maquerelle".
Jusqu’au XVIIème siècle, meurtriers, amants adultérins, voleurs, hérétiques, vagabonds allaient subir d’horribles supplices, siècle où la justice bordelaise va enfin commencer à « s’humaniser ». Le bourreau ne va plus que pendre les condamnés ou les rouer, seuls les hérétiques seront encore brûlés !!!
Un net progrès, si l’on peut dire, dans le contexte de l’époque.
Source : Contes et Légendes du Vieux Bordeaux Michel Colle.

Ecrit par Dominique Mirassou


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