Le coût estimé des incendies pour le Département de la Gironde passe de près de 9 à 11 millions d’euros. Alors que l’accompagnement des sinistrés se poursuit, la Région Nouvelle-Aquitaine a adopté, ce lundi 28 septembre, les premières mesures de son plan de soutien aux territoires touchés. Prêts aux entreprises, aides à la reconstruction et prévention forestière doivent accompagner l’après-crise.
Près de 9 millions d’euros début septembre, 11 millions désormais : le Département de la Gironde a réévalué les conséquences financières des incendies de l’été. Présentée lors de la séance plénière exceptionnelle du 28 septembre, cette estimation rassemble des dépenses d’urgence et des dommages dont le chiffrage se poursuit.
Cette nouvelle évaluation prolonge le premier bilan départemental publié à la rentrée. Elle ne correspond donc pas à une somme intégralement dépensée, mais donne la mesure des réparations et de l’accompagnement à financer.
Les routes concentrent l’essentiel du coût
Les routes et pistes cyclables représentent à elles seules 8,8 millions d’euros de coûts prévisionnels. Le Département évalue à 7,1 millions les opérations d’abattage et de sécurisation des arbres, auxquels s’ajoutent 1,7 million pour les chaussées, les pistes cyclables et la signalisation.
Les diagnostics pourraient conduire à intervenir sur plus de 80 000 arbres le long du réseau. Les dommages concernent également les infrastructures numériques et quatre espaces naturels sensibles départementaux, avec plus de 158 hectares touchés.
Le Département a proposé à l’État d’affecter aux communes sinistrées un reliquat de 1,09 million d’euros issu des amendes de police et de la redevance des mines, afin de soutenir leurs travaux de reconstruction.
Jean-Luc Gleyze demande également que l’État prenne en charge tout ou partie des dépenses exceptionnelles supportées par les collectivités et les services départementaux d’incendie et de secours. Les aides économiques annoncées par la Région répondent à d’autres besoins et n’ont pas vocation à couvrir la facture départementale.
251 foyers accompagnés au 17 septembre
Le suivi des habitants s’élargit lui aussi. Au 17 septembre, la cellule Gironde Relogement Solidaire accompagnait 251 foyers, dont 117 avaient trouvé une solution de relogement pour une durée d’un à deux ans, selon Jean-Luc Gleyze. Au 8 septembre, le bilan faisait état de 199 foyers suivis et de 92 solutions trouvées.
Ces logements doivent notamment permettre aux ménages d’attendre la reconstruction de leur habitation ou de rechercher une solution plus pérenne. De nouvelles demandes continuent d’arriver auprès des équipes sociales.
L’État s’est engagé à financer le fonctionnement de la cellule à hauteur de 250 000 euros pour une première période de six mois. Le Département affirme que sa présence sera maintenue aussi longtemps que nécessaire.
Des prêts et des aides pour les entreprises
La Région Nouvelle-Aquitaine intervient, de son côté, dans le soutien à l’activité économique. Les premières mesures adoptées en commission permanente s’inscrivent dans un plan de 14 mesures concernant la Gironde et les Landes.
Avec Bpifrance, elle annonce un « Prêt Rebond » post-incendies de 5 000 à 50 000 euros, sans garantie sur les actifs de l’entreprise, mais avec un cofinancement bancaire obligatoire. Il doit notamment aider les entreprises à surmonter leurs difficultés de trésorerie, financer leur reprise et couvrir certains restes à charge après indemnisation.
Pour les entreprises de moins de dix salariés, une aide à la reconstruction ou à la modernisation des équipements de production pourra atteindre 15 000 euros, dans la limite de 50 % du reste à charge après indemnisation. D’autres dispositifs doivent accompagner les investissements des PME et la reconstruction des hébergements et équipements touristiques.
Un accompagnement psychologique gratuit est également prévu pour les dirigeants en difficulté, à travers le réseau APESA, spécialisé dans l’aide aux entrepreneurs en souffrance aiguë.
Plus de 10 millions d’euros de financements publics
La Région annonce mobiliser plus de 10 millions d’euros de financements régionaux et européens. Elle espère également susciter plus de 120 millions d’euros de financements privés, reposant notamment sur le crédit bancaire.
Le fonds régional de garantie doit ainsi faciliter l’accès aux prêts, avec un taux de garantie porté exceptionnellement à 80 %. La Région attend de ce dispositif plus de 110 millions d’euros de financements bancaires. Ces prêts devront être remboursés par les entreprises bénéficiaires.
Plusieurs mesures prolongent les engagements présentés lors de la visite gouvernementale du 17 août, notamment le soutien au fonds de garantie et la campagne de promotion touristique. Les annonces du 28 septembre en précisent les contours sans constituer, dans leur totalité, des dispositifs nouveaux.
Du stockage des bois à la prévention
La Région prévoit aussi de soutenir la création et la remise en service d’aires de stockage des bois sinistrés. Elle a proposé à l’Union européenne un transfert de 4,2 millions d’euros de crédits vers la défense des forêts contre l’incendie, pour renforcer notamment les pistes, les points d’eau et les accès.
Ces orientations rejoignent le débat sur l’avenir du massif et les attentes des sylviculteurs. Ces derniers demandent également des aides au transport des bois et au broyage sanitaire. La Région n’a pas précisé, dans les annonces du 28 septembre, si elle entendait répondre à ces deux demandes.
Une réflexion sur l’aménagement des territoires doit par ailleurs être lancée en 2027. Pour les entreprises sinistrées, l’échéance est plus immédiate : connaître les dates d’ouverture des aides, les démarches à accomplir et les délais de versement pour organiser leur reprise.



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