Bordeaux

Entre Street Art et peinture classique à l’Institut Culturel Bernard Magrez

Jusqu’au 24 juin on peut aller apprécier cette superbe exposition au château Labottière de l’Institut Culturel Bernard Magrez qui permet de découvrir le travail de neuf artistes qui s’adonnent au Street Art avec une qualité remarquable.

L’exposition se développe sur les deux étages du château et on est accueilli dans l’entrée par deux réalisations qui se font vis à vis de Kashink spécialement éxécutées pour cette exposition. Kashink qui se dessine tous les jours une moustache avant de faire sa première apparition est une des rares femmes artistes françaises très active dans l’art urbain. La seconde salle en entrant à gauche est consacrée à l’artiste allemande Claudia Walde alias MadC qui jouit d’une réputation internationale. Aujourd’hui ses œuvres sur toiles comme dans ses peintures murales récentes laissent place a des peintures abstraites dont les plans s’entremêlent et créent des aplats de peinture. Le résultat à première vue, apparaît comme un retour à un wildstyle-graffiti plus traditionnel, mais il s’agit plus d’un approfondissement de ses premiers travaux.

Kashink entre deux MadC

La salle suivante est consacrée a SETH, né à Paris en 1972 Julien Malland a commencé à peindre sur les murs au milieu des années 1990. Diplômé de l’Ecole Nationale des Arts décoratifs en 2000, il publie avec Gautier Bishoff le livre Kapital, qui reste jusqu’à Aujourd’hui le plus gros succès sur le graffiti français. Ils créent ensemble la collection de monographies d’artistes urbains, Wasted Talent. De l’oeuvre de SETH émane une atmosphère très particulière comme on peut s’en rendre compte sur place. Dans la salle opposée à l’entrée Gérard Laux dit Mosko présente ses animaux qui sont sa marque de fabrique. Il commence à peindre des animaux de la savane dans le quartier en péril de la Moskowa, au Nord du 18ème arrondissement de Paris. En 2004 c’est la première transposition des animaux de la rue à la galerie, à l’occasion de la sortie du livre "Peignez la girafe". Ainsi girafes, zèbres, félins sont peints sur bois, palissades et autres supports de récupération.

Mosko et ses tigres

La dernière salle du rez de chaussée est consacrée à L’Atlas en fait Jules Dedet Granel qui trouve par ses recherches autour de l’écriture le point de départ de son travail plastique et pictural. Il considère toute forme comme une lettre et toute lettre comme une forme, ce qui le conduit à travailler avec des urbanistes pour donner une troisième dimension à son art. Pour la suite il faut se rendre à l’étage pour poursuivre la visite et c’est Alexandre Dizac dit Alëxone qui vous accueille avec son style facilement reconnaissable dès le premier coup d’œil. Si on ausculte le talent d’Alëxone au microscope on trouvera dans ses oeuvres, l’influence du graffiti, de la culture pop, de la bande dessinée ou encore de l’art byzantin et de l’illustration. Après Alëxone qui occupe la grande salle du haut on peut découvrir les réalisations du portraitiste David Walker]qui réalise toutes ses peintures à la bombe aérosol uniquement, à main levée. Ce qui laisse pantois d’admiration devant ces six portraits quand on regarde la finesse du détail et l’expression.

Alëxone au premier plan et un portrait réalisé par David Walker entre au second plan

De part et d’autre de la pièce en rotonde du premier étage,d’un côté vous avez la salle dédié à Raphaël Gerlach alias SatOne et de l’autre à Christian Guémy sous le pseudonyme de C215 Pour sa part SatOne est né au Vénézuela, a grandi en Allemagne et est établi à Munich. En débutant par le graffiti dans les années 90, avec une formation de graphiste en suivant, il a développé peu à peu un champ d’exploration bicéphale qui associe abstraction et couleur dans son travail sur toile et sur papier. Christian Guémy est un artiste parisien devenu une référence en matière de pochoir et de de graffiti. C215 est un peintre engagé de par le caractère social de ses œuvres car il peint des anonymes, des clochards, des laissés pour compte ou encore des figures du socialisme. Vitry-sur-Seine, la ville où il a installé son atelier fin 2007, est devenue grâce à lui la capitale du Street Art en France. Des touristes du monde entier affluent à la découverte de plus de 150 œuvres réalisées par de nombreux artistes internationaux.

SatOne

C’est la première exposition des artistes MadC, Satone et David Walker au sein d’une institution culturelle en France ce qui donne un attrait encore plus exceptionnel à cette magnifique exposition sur le Street Art qui fait le lien entre l’expression murale et l’expression classique avec toutes ses déclinaisons. Retenez son nom Street Color une exposition qui ne vous décevra pas

Ecrit par Bernard Lamarque