Le collectif britannique Archive jouera les 26 et 27 septembre 2027 au Krakatoa, récemment rouvert après des travaux d’agrandissement. Il fera dialoguer les morceaux de Glass Minds, paru en 2026, ceux de son prochain album Not In My Name et les classiques d’un répertoire construit depuis trente ans.
Chez Archive, une chanson peut durer seize minutes sans livrer toute sa trajectoire dès les premières notes. « Again » en est l’un des exemples les plus connus. Cette manière de laisser la musique changer d’échelle traverse le parcours du collectif britannique, attendu les dimanche 26 et lundi 27 septembre 2027 au Krakatoa, à Mérignac. Les deux concerts sont annoncés à 20 heures.
Trente et un ans sépareront ces soirées de Londinium, son premier album, paru en 1996. Le projet londonien formé autour de Darius Keeler et Danny Griffiths évoluait alors dans les territoires du trip-hop, entre rythmes retenus, rap et atmosphères sombres. Depuis, Archive a élargi son langage. Les guitares ont gagné du terrain, les voix se sont succédé et certaines compositions se sont étirées bien au-delà du format habituel d’une chanson. L’électronique est restée un fil conducteur, reliant des passages délicats à des ensembles beaucoup plus imposants.
Des morceaux qui dilatent le temps
Pour entendre cette évolution, il suffit de revenir à quelques titres. Sur You All Look the Same to Me, paru en 2002, « Again » dépasse les seize minutes. Quatre ans plus tard, « Lights » approche les dix-neuf. En 2009, « Controlling Crowds » franchit lui aussi le cap des dix minutes. Trois morceaux, trois étapes d’un parcours où la durée devient une matière musicale à part entière.
Archive sait dilater le temps. Un motif revient, semble se stabiliser, puis une guitare, une voix ou un changement de rythme en déplace l’équilibre. Dans « Again », les passages retenus donnent toute leur portée aux montées qui suivent. On cesse de guetter le prochain refrain pour suivre le mouvement d’ensemble. La répétition crée une attente, tandis que les variations font avancer le morceau, même lorsqu’il paraît suspendu.
Ces longues compositions éclairent la place prise par le rock progressif dans l’univers du collectif. Elles laissent aux contrastes le temps de s’installer et à la tension celui de grandir. « Lights » comme « Controlling Crowds » demandent cette disponibilité particulière : accepter de rester dans une atmosphère pour entendre ce qui s’y transforme.
L’annonce de la tournée prévoit des classiques, sans préciser lesquels seront joués à Mérignac. Ces trois titres ne constituent donc pas un programme promis au public, mais ils racontent une façon de construire la musique qu’Archive a cultivée au fil des albums.
Glass Minds, entre ampleur électronique et voix fragile
Après Call to Arms & Angels, paru en 2022, Glass Minds a ouvert un nouveau chapitre le 27 février 2026. Le disque poursuit les recherches sonores du collectif, avec des passages où l’électronique dessine une atmosphère autant qu’elle soutient une chanson.
À l’écoute de « Broken Bits », l’instrumental qui ouvre l’album, certaines textures peuvent faire penser au Vangelis des débuts. Archive conserve ses propres tensions, cette manière de faire affleurer une inquiétude sous la beauté des arrangements.
Sur le morceau « Glass Minds », la voix de Lisa Mottram apporte une autre couleur. Fragile, presque enfantine par instants, elle donne à la chanson une douceur vulnérable. Sa présence attire l’attention au milieu des différentes couches sonores. Une voix semble exposée tandis que l’ensemble prend progressivement de l’épaisseur autour d’elle : ce contraste contribue à la force du morceau. Lisa Mottram partage les parties chantées de l’album avec Pollard Berrier et Dave Pen.
Attendu le 19 mars 2027, Not In My Name prolongera cette actualité discographique. L’annonce le présente comme un album marqué par la protestation face aux violences contemporaines, porté par un titre éponyme opposé à la guerre. Elle souligne également l’arrivée du rappeur Jimmy Collins comme membre permanent du collectif, après sa participation à Glass Minds.
La tournée réunira ainsi des chansons issues de deux albums rapprochés dans le temps et des morceaux écrits à d’autres étapes de la carrière d’Archive. Ce sera l’occasion d’entendre comment les nouvelles voix et les nouvelles textures prennent place dans ce répertoire, dont les équilibres ont régulièrement changé depuis les années 1990.
Dans un Krakatoa récemment rouvert
À Mérignac, Archive trouvera une salle qui vient de retrouver son public. Fermé fin 2024 pour travaux, le Krakatoa a rouvert en septembre 2026 après une rénovation et un agrandissement. L’ajout de balcons latéraux a notamment fait passer la capacité de la grande salle de 1 200 à 1 445 places. Un club a également été créé pour accueillir des concerts de plus petit format.
Lorsque le collectif britannique y montera sur scène, cette nouvelle étape de la vie du lieu aura commencé depuis un peu plus d’un an. Le public de l’agglomération bordelaise retrouvera une adresse familière, dans un espace transformé. Les deux soirées s’inscriront dans cette reprise de l’activité de la salle mérignacaise.
D’ici septembre 2027, Not In My Name sera venu compléter le parcours discographique d’Archive. Au Krakatoa, ses chansons rejoindront celles que certains auditeurs portent avec eux depuis vingt ou trente ans. Entre la fragilité d’une voix et les longues montées qui ont marqué le collectif, ces concerts donneront surtout l’occasion de prendre le temps d’écouter.
Informations pratiques
Archive au Krakatoa, 3 avenue Victor-Hugo à Mérignac, dimanche 26 et lundi 27 septembre 2027 à 20 heures.
Ouverture de la billetterie vendredi 2 octobre 2026 à 10 heures.



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