Bordeaux

Tourisme à Bordeaux : le haut de gamme résiste, les loisirs sous pression

Avec un taux d’occupation hôtelier de 66,3 % de janvier à août, globalement stable, Bordeaux présente un bilan touristique contrasté. Présentés le 29 septembre par Fabien Robert, président de l’Office de tourisme et des congrès de Bordeaux Métropole, et Olivier Occelli, son directeur général, les résultats montrent un haut de gamme soutenu par la clientèle internationale, tandis que les loisirs pâtissent des arbitrages budgétaires. Les chaleurs et les incendies ont accentué les difficultés estivales.

Les visiteurs continuent de venir à Bordeaux, mais ils ajustent leurs dépenses. Selon l’Office de tourisme et des congrès de Bordeaux Métropole, les réservations se font plus tardivement et les budgets sont davantage arbitrés. Maintenir un séjour ne signifie pas conserver la même enveloppe pour les visites et les excursions.

Pour les professionnels, ces comportements dessinent une année aux résultats inégaux. La dynamique internationale soutient une partie de l’hôtellerie, sans préserver l’ensemble des activités proposées une fois les visiteurs arrivés.

Le haut de gamme soutenu par les visiteurs internationaux

Sur les huit premiers mois de l’année, le haut de gamme porte la dynamique hôtelière, soutenu par une clientèle internationale en progression, notamment américaine. L’hôtellerie économique et le moyen de gamme affichent, de leur côté, une certaine stabilité.

Pour Fabien Robert, les hôtels quatre-étoiles occupent toutefois une position plus délicate, pris entre des trois-étoiles qui ont gagné en qualité et des cinq-étoiles de plus en plus nombreux. Une concurrence qui complique leur positionnement sur le marché bordelais.

Une partie de la clientèle nord-américaine aisée reste moins sensible à la hausse du coût du voyage, selon les explications données lors de la conférence. Sa présence s’inscrit dans un travail de promotion engagé depuis plusieurs années aux États-Unis et au Canada. Cette dynamique contribue à soutenir le haut de gamme, alors que la clientèle française poursuit son recul, selon le communiqué.

Les loisirs subissent les arbitrages budgétaires

Les activités de découverte sont davantage exposées aux économies réalisées pendant les séjours. Les ventes de loisirs diminuent depuis le début de l’année. L’œnotourisme est également touché, particulièrement les circuits dans le vignoble, tandis que les visites directement dans les propriétés résistent mieux.

Les chiffres de fréquentation culturelle illustrent la nécessité de regarder au-delà des résultats d’ensemble. Entre janvier et août, les entrées dans les musées et lieux d’exposition progressent de 2 %. Mais en excluant les établissements qui avaient connu des fermetures en 2025, elles reculent de 5 %.

Les réouvertures améliorent donc le résultat global, alors que les autres établissements suivis enregistrent collectivement une baisse. Ce décalage nuance le bilan d’une offre culturelle renouvelée : la progression du total des entrées ne traduit pas une amélioration partagée par l’ensemble des lieux.

Les données présentées ne permettent pas de chiffrer l’évolution de toutes les recettes touristiques. Elles montrent toutefois que la stabilité de l’hôtellerie coexiste avec une baisse des ventes de certaines activités.

Les chaleurs et les incendies ont accentué les difficultés

Ces arbitrages étaient déjà observés avant l’été. Les épisodes de fortes chaleurs, puis les incendies, ont ajouté de nouvelles contraintes.

Pour les visiteurs comme pour les professionnels, la chaleur a imposé des adaptations : visites pédestres extérieures programmées uniquement le matin, horaires de monuments modifiés et préférence pour les espaces intérieurs. Le climat intervient désormais directement dans l’organisation d’un séjour urbain.

Selon l’Office de tourisme, l’incendie déclaré en Gironde le 22 juillet a provoqué des annulations et des reports, y compris au-delà des territoires directement touchés. En août, le bilan hôtelier fait état d’un recul de 8,8 points du taux d’occupation et de 4,5 % du prix moyen. Le revenu par chambre disponible, qui combine ces deux indicateurs, diminue de 15 %.

La première quinzaine d’août a été particulièrement difficile pour les activités de découverte. Les visites de ville ont enregistré un tiers de places vendues en moins. Dans les lieux culturels, les baisses de fréquentation ont atteint entre 15 % et 35 % selon les établissements. L’Office de tourisme fait état d’une reprise dans la seconde moitié du mois.

Un bilan qui nourrit la future stratégie touristique

L’arrière-saison peut notamment compter sur les rendez-vous professionnels. Au premier semestre, les événements recensés par le Bordeaux Convention Bureau ont accueilli 3 % de participants supplémentaires, malgré un nombre de manifestations en recul de 21 %. Ces données, qui ne couvrent pas toute l’activité, témoignent de l’accueil d’événements de plus grande envergure.

Ce bilan intervient alors que Bordeaux prépare sa stratégie touristique 2027-2032. Après la démarche Bordeaux Bienvenue sur la qualité de l’accueil, puis le lancement d’une réflexion sur le nouvel équilibre touristique de la métropole, les résultats de la saison précisent les difficultés auxquelles les professionnels sont confrontés.

Ils rappellent surtout que la stabilité de la fréquentation hôtelière ne suffit pas à décrire la situation de toute la filière. Les ventes de loisirs en baisse, les écarts entre établissements culturels et les perturbations climatiques constituent autant d’éléments à prendre en compte pour préparer les prochaines saisons.

Écrit par

Jean-Sébastien Dufourg

Directeur de la publication

Créateur du site web et co fondateur du magazine en 2011