À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, consacrée notamment à la présentation de la stratégie « Bordeaux s’adapte », Thomas Cazenave a été interrogé sur l’avenir des Girondins. Le maire de Bordeaux n’exclut pas que le club puisse jouer au Stade Atlantique en Régional 1, mais aucune décision ne pourra être prise avant que sa situation juridique et financière soit clarifiée.
La conférence de presse devait principalement dresser le bilan des premiers mois du mandat et présenter les réponses envisagées face au changement climatique. Mais au moment des questions de la presse, jeudi 10 septembre, le dossier des Girondins s’est invité dans les échanges.
Après la décision de la FFF, le 3 septembre, de maintenir l’exclusion du club des compétitions nationales et sa rétrogradation en Régional 1, l’avenir immédiat des Girondins reste suspendu aux prochaines décisions du tribunal de commerce. Annoncé quelques jours plus tard, le retrait de Sparta Capital et Park Bench a encore renforcé l’incertitude.
Thomas Cazenave dit respecter la décision de la FFF et l’autonomie des instances sportives, mais regrette leur manque de flexibilité. « On aurait pu avoir une position plus souple », estime-t-il. Selon lui, les garanties finalement apportées et ce que les Girondins ont apporté au football français auraient justifié de laisser une chance au projet de reprise.
« Quelles que soient les difficultés, quel que soit le temps que cela prendra, nous soutiendrons les Girondins de Bordeaux », a également assuré le maire. La Ville et Bordeaux Métropole entendent accompagner la structure qui assurera la continuité du club.
Cette structure reste à déterminer. Gérard Lopez demeure propriétaire des Girondins, tandis qu’une liquidation pourrait conduire l’association à reprendre la continuité sportive. L’arrivée de nouveaux repreneurs n’est pas exclue, mais aucun autre projet suffisamment avancé n’est actuellement annoncé.
Des enceintes régionales pas toujours adaptées
Parmi les questions à résoudre figure celle du futur stade. Les équipements habituellement utilisés au niveau régional ne sont pas nécessairement adaptés à l’affluence que pourraient encore susciter les Girondins.
Même au sixième niveau du football français, leurs rencontres pourraient attirer plusieurs milliers de supporters. Le choix d’une enceinte doit donc tenir compte de sa capacité, de ses accès et des conditions de sécurité.
« C’est un sujet qu’on doit discuter avec la préfète pour des questions de sécurité. On regarde toutes les options », a expliqué Thomas Cazenave.
Des échanges sont engagés avec les services de l’État et la préfecture afin d’identifier les lieux susceptibles d’accueillir les rencontres. Aucun stade n’est cependant annoncé comme définitivement retenu.
Le Stade Atlantique parmi les possibilités
Un journaliste a demandé à Thomas Cazenave s’il serait prêt à laisser les Girondins jouer au Stade Atlantique, plutôt que de conserver une enceinte sans club résident.
« Je suis prêt à regarder toutes les options, mais il faut que je sache avec qui je discute », a-t-il répondu.
Cette formulation ne constitue pas une annonce. Elle confirme néanmoins que le Stade Atlantique n’est pas exclu des solutions étudiées. Avec plus de 42 000 places, l’enceinte paraît largement surdimensionnée pour la Régional 1, mais elle permettrait de répondre aux contraintes d’affluence et de sécurité propres aux Girondins.
Le préalable reste l’identification d’un interlocuteur capable de porter juridiquement et financièrement le club. Thomas Cazenave précise que Gérard Lopez demeure, à ce stade, son interlocuteur officiel, même s’il n’avait plus échangé avec lui depuis une dizaine de jours au moment de la conférence.
Plusieurs millions à trouver sans club résident
La situation des Girondins rejoint directement celle du Stade Atlantique. Thomas Cazenave reconnaît que Bordeaux Métropole aurait préféré conserver un club résident versant un loyer.
« S’il n’y a plus de club résident, c’est sûr, ce sont des recettes en moins », a-t-il indiqué. La Métropole, qui exploite désormais directement l’enceinte, devra rechercher d’autres ressources pour couvrir ses charges.
Selon le maire, « quelques millions d’euros supplémentaires » seront nécessaires pour équilibrer son fonctionnement en l’absence de club résident. Il rappelle avoir été opposé à la reprise du stade en régie publique, qui fait désormais peser directement les difficultés d’exploitation sur la collectivité.
Les services métropolitains ont été chargés d’étudier une autre utilisation de l’équipement, avec davantage de concerts et de grands événements sportifs.
Cette orientation trouve une illustration récente avec l’annonce, mercredi 9 septembre, du concert de Soprano programmé le 3 juillet 2027. Le Stade Atlantique doit également accueillir France-Turquie le 15 novembre 2026, le Bordeaux Sevens en mai et les demi-finales du Top 14 en juin 2027.
Cette programmation ne remplacera pas nécessairement les recettes régulières apportées par un club résident, mais elle indique la direction envisagée pour maintenir l’activité de l’enceinte.
L’avenir du club avant celui du stade
Une utilisation du Stade Atlantique dépendra d’abord de l’avenir juridique des Girondins, de l’identité de la structure qui portera le club et des conditions fixées avec les services de l’État.
La collectivité prépare parallèlement un avenir de l’enceinte sans les Girondins, en recherchant davantage d’événements capables de contribuer à son financement. Les deux hypothèses ne sont toutefois pas totalement incompatibles.
Thomas Cazenave a ainsi assuré que la Métropole ne désespérait pas « un jour de reremplir le Stade Atlantique avec des supporters ». Entre préparation d’une reprise en Régional 1 et recherche d’un nouveau modèle économique pour l’enceinte, le lien entre les Girondins et leur stade n’apparaît donc pas encore définitivement rompu.



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