Marcheprime

Finances sous alerte à Marcheprime, un mandat reconduit sans débat

À Marcheprime, le constat est posé noir sur blanc. Dans un rapport publié fin 2025, la Chambre régionale des comptes (CRC) Nouvelle-Aquitaine alerte sur une situation financière fragilisée et appelle la commune à engager un plan de redressement.

Un diagnostic qui intervient dans un contexte politique singulier : trois semaines plus tôt, le maire sortant Manuel Martinez a été réélu sans opposition lors des élections municipales du 15 mars.

Une trajectoire financière jugée préoccupante

Le rapport de la CRC met en évidence une dégradation progressive des équilibres budgétaires depuis 2020. Parmi les principaux signaux d’alerte :

  • une trésorerie devenue négative
  • un recours accru à l’emprunt
  • une capacité d’autofinancement insuffisante

La juridiction financière estime que la commune ne dispose plus de marges de manœuvre suffisantes et recommande la mise en œuvre de mesures de redressement pour rétablir un équilibre durable.

Une stratégie de développement coûteuse

Au cœur de cette situation : la politique d’aménagement engagée par la municipalité, notamment autour du projet de cœur de ville.

Pensé pour structurer la commune et accompagner sa croissance démographique, ce projet repose sur une stratégie foncière ambitieuse. Mais selon la CRC, le décalage entre acquisitions et cessions immobilières a généré un déséquilibre de plus de 4,4 millions d’euros, financé par emprunt .

Ce modèle rend aujourd’hui la commune dépendante de futures ventes pour stabiliser ses finances, une situation jugée fragile.

La mairie défend une vision de long terme

Dans sa réponse, la municipalité assume ces choix et les inscrit dans une logique de développement du territoire. Elle souligne la nécessité de créer une centralité, de renforcer les services et d’accompagner l’évolution démographique.

La mairie estime également que certaines observations de la CRC relèvent d’une lecture principalement technique, qui ne prend pas pleinement en compte les enjeux locaux et les objectifs politiques poursuivis. Elle reconnaît toutefois des axes d’amélioration dans la gestion financière et administrative .

Un mandat reconduit sans opposition

Ce diagnostic financier intervient dans un contexte électoral particulier. Lors des municipales du 15 mars, Manuel Martinez a été réélu sans adversaire, après l’annulation d’une liste concurrente.

Sans opposition, la campagne n’a pas donné lieu à un débat public structuré autour des orientations budgétaires ou des projets en cours.

Une participation limitée, un signal dans les urnes

Les résultats du scrutin apportent un éclairage supplémentaire. La participation s’est établie à 43,26 %, tandis que près de 21 % des votants ont choisi le vote blanc, auxquels s’ajoutent près de 6 % de bulletins nuls.

Au total, plus d’un quart des électeurs ayant voté n’ont exprimé aucun soutien au seul candidat en lice.

Dans une élection sans alternative, ces chiffres traduisent une forme de réserve ou de distance d’une partie de l’électorat.

Entre continuité politique et vigilance financière

Réélu sans opposition, le maire entame un nouveau mandat dans une situation de stabilité politique. Mais les enjeux financiers, eux, restent pleinement ouverts.

Entre poursuite des projets engagés et nécessité de redresser les comptes, la commune devra trouver un équilibre dans les années à venir.

Une question en suspens

À Marcheprime, la trajectoire est désormais tracée.
Reste une interrogation :

👉 comment concilier développement local et rigueur budgétaire… sans véritable débat public ?

Écrit par

La rédaction