Dans les jardins de la Cité du Vin, Martin Parr : Art de vivre se découvre comme une promenade en plein air. Entre visiteurs, images exposées, scènes cocasses et petits hasards du réel, ce regard en images prolonge l’esprit du photographe britannique.
Il y a quelque chose de très juste à découvrir Martin Parr dehors. Pas dans le silence contrôlé d’une salle d’exposition, mais au milieu des arbres, des passants, du soleil, des discussions et des gestes ordinaires. Dans les jardins de la Cité du Vin, ses photographies ne sont pas seulement regardées : elles sont traversées, croisées, parfois presque rejouées par celles et ceux qui passent devant elles.
Ce Regard en images n’a pas vocation à remplacer l’article consacré à l’exposition Martin Parr : Art de vivre. Il en propose un contrechamp visuel, plus libre, plus sensible, parfois plus cocasse aussi. Car l’accrochage en plein air crée des situations que Martin Parr lui-même n’aurait sans doute pas détestées : un visiteur qui passe devant une scène mondaine, un chien qui s’installe sous une photographie de fleurs, des silhouettes bordelaises qui se découpent face à des images venues de Bristol ou d’Angleterre.
La visite devient alors un jeu de miroirs. Les photographies de Martin Parr observent les rituels sociaux, les attitudes, les signes de distinction, les moments de convivialité. Autour d’elles, d’autres gestes apparaissent : écouter, photographier, commenter, se pencher, attendre, regarder de biais. L’exposition parle des classes moyennes britanniques, des fêtes, des jardins et des rassemblements ; mais, dans ce décor bordelais, elle finit aussi par révéler la manière dont nous regardons les images.
Dans ce parcours installé à la Cité du Vin, la photographie dialogue avec le lieu. Le bâtiment, les jardins, les visiteurs et les œuvres composent une scène à ciel ouvert. Un petit hommage, donc, à l’œil de Martin Parr : non pas en imitant son travail, mais en acceptant que l’exposition produise elle-même ses propres décalages, ses hasards, ses rencontres et ses sourires.

- Face à l’image, un autre visage
- Un visiteur passe au premier plan tandis qu’une photographie de Martin Parr saisit, elle aussi, une scène de conversation. Le hasard du cadrage crée un dialogue discret entre l’exposition et ceux qui la traversent.

- Exposition Martin Parr à la Cité du Vin
- Visite guidée par Andréa Holzherr directrice des expositions à Magnum Photos

- Regarder les gestes de près
- Deux visiteurs s’arrêtent devant une image centrée sur les mains, le verre, le bijou, le détail. Chez Martin Parr, les signes sociaux passent souvent par ces fragments très concrets du quotidien.

- Flowers, côté jardin
- Avec la série Flowers, les fleurs ne sont jamais seulement décoratives. Derrière elles se lisent les pavillons, les voitures, les jardins, les goûts et les habitudes d’une classe moyenne britannique observée par Martin Parr.

- Le public dans le parcours
- La visite guidée rassemble les regards autour des images. Dans cet accrochage extérieur, les photographies ne sont pas isolées : elles cohabitent avec les visiteurs, la lumière et les jardins.

- Une interview au soleil
- Andréa Holzherr, directrice des exposition à Magnum Photos au micro de Benjamin Bardel (NRJ)

- Quand les visiteurs entrent dans l’image

- Le hasard, très Parr
- Un cycliste traverse le cadre devant une scène de réception photographiée par Martin Parr. L’instant ajoute sa propre ironie à l’exposition, comme si le jardin bordelais répondait à l’image.

- Photographier celle qui photographie
- Le geste rappelle que les images de Martin Parr circulent désormais dans un autre espace : celui des téléphones, des réseaux et des regards partagés

- Écouter le regard
- Martin Parr : un travail documentaire, souvent drôle en apparence, mais profondément attentif aux codes sociaux.

- Sous l’image, la pause
- Sous une photographie très colorée, un visiteur s’allonge dans l’herbe. Sans le vouloir, la scène devient presque une image dans l’image : détente, soleil, décalage et vie ordinaire au pied de l’exposition.



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