Bordeaux Nord : Cazenave écarte les méga data centers et veut « le plus grand quartier sportif d’Europe »
Le projet BXIA ne verra pas le jour sur les parkings du Parc des expositions à Bordeaux-Lac dans la configuration prévue. Thomas Cazenave a confirmé son opposition à cette implantation, sans fermer la porte aux data centers sur le territoire métropolitain. Bordeaux Métropole recherche désormais d’autres terrains, tandis que le maire affiche une ambition plus large pour Bordeaux Nord : en faire « le plus grand quartier sportif d’Europe ».
Changement de cap pour le projet BXIA à Bordeaux-Lac. Lors de sa conférence de presse de rentrée, Thomas Cazenave a confirmé avoir rencontré les porteurs du projet pour leur signifier qu’il ne souhaitait pas voir s’installer les « méga data centers » sur les parkings du Parc des expositions.
Dévoilé en janvier sous la précédente majorité, BXIA prévoyait l’installation progressive de cinq data centers de 50 MW chacun, soit une capacité informatique totale de 250 MW, sur environ 19 hectares entre le Parc des expositions et le Stade Atlantique. Le projet représentait un investissement annoncé d’au moins 3 milliards d’euros.
Pas opposé aux data centers « par principe »
Thomas Cazenave ne ferme cependant pas la porte à ce type d’infrastructures sur le territoire métropolitain. Le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole estime notamment que les capacités de stockage et de traitement des données répondent à un enjeu de souveraineté européenne.
C’est donc avant tout l’emplacement qui est remis en cause.
Le maire considère le site de Bordeaux-Lac, autour du Parc des expositions, du Stade Atlantique et du lac, comme stratégique dans la réflexion plus large qu’il veut mener sur Bordeaux Nord. Il juge que l’implantation de data centers y apporterait peu en matière d’aménagement et d’emplois. Les porteurs de BXIA mettaient de leur côté en avant les retombées économiques du projet et la structuration d’un écosystème local autour de l’intelligence artificielle.
Sur le principe des infrastructures numériques souveraines, la rupture avec l’ancienne majorité est d’ailleurs moins nette : Pierre Hurmic avait lui-même défendu BXIA au nom de la souveraineté numérique lors de sa présentation en janvier. Thomas Cazenave reprend aujourd’hui cet argument pour expliquer qu’il ne s’oppose pas aux data centers en tant que tels, mais à leur implantation sur ce site.
Bordeaux Métropole continue ainsi de travailler avec les porteurs du projet pour identifier des terrains déjà artificialisés jugés plus adaptés. Plusieurs sites ont été identifiés, mais les discussions sont toujours en cours.
« Le plus grand quartier sportif d’Europe »
Au-delà du devenir des terrains du Parc des expositions à Bordeaux-Lac, Thomas Cazenave inscrit sa décision dans une ambition plus large pour Bordeaux Nord. Il souhaite construire un projet urbain d’ensemble plutôt que juxtaposer des opérations indépendantes.
« Nous voulons faire, à Bordeaux Nord, le plus grand quartier sportif d’Europe », a-t-il annoncé, évoquant les conséquences à en tirer en matière d’aménagement, d’accueil et d’équipements.
Cette ambition fait également écho à son programme municipal. Pendant la campagne, Thomas Cazenave défendait déjà un projet urbain pour Bordeaux Nord avec une forte dimension sportive et culturelle, associé notamment au développement des congrès et à la création de logements abordables pour les familles. La formule du « plus grand quartier sportif d’Europe » donne désormais une dimension plus affirmée à cette orientation.
Une ambition qui reste cependant largement à préciser. Aucun calendrier, programme détaillé d’équipements ou montant d’investissement n’a été présenté à ce stade.
Le devenir de BXIA reste lui aussi ouvert. Les services métropolitains travaillent à une possible relocalisation et les discussions se poursuivent avec les porteurs du projet. Pour Thomas Cazenave, l’implantation prévue à Bordeaux-Lac ne s’inscrit plus dans la vision à moyen et long terme qu’il veut donner à Bordeaux Nord.



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