Pour ce troisième samedi de mobilisation, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Bordeaux sur un parcours autorisé par la préfecture. Le cortège intersyndical s’est déroulé sans incident majeur, avant que de nouveaux affrontements n’éclatent dans les secteurs de la Victoire, des Capucins et de Saint-Michel. Le premier bilan préfectoral fait état de sept gardes à vue et d’un membre des forces de l’ordre blessé.
Plusieurs milliers de personnes ont de nouveau défilé dans les rues de Bordeaux, samedi 31 octobre, à l’appel de la CGT, de Force ouvrière et de la FSU. Contrairement au samedi précédent, le cortège avait reçu l’autorisation de la préfecture pour traverser le centre-ville, de la place de la Bourse à la place de la Victoire. La manifestation s’est déroulée dans le calme, avant que des affrontements n’éclatent après sa dispersion.
Les participants se sont mobilisés pour les salaires, les services publics, le pouvoir d’achat et les libertés publiques, dans le cadre d’un mouvement national contre la vie chère.
Des chiffres de participation toujours très éloignés
Partis de la place de la Bourse à 14 heures, les manifestants ont emprunté les allées de Tourny, la place Gambetta et le cours d’Albret avant de rejoindre la place de la Victoire.
La préfecture de la Gironde a dénombré 11 000 manifestants, contre 15 500 lors de la précédente mobilisation du 24 octobre. Les syndicats avancent de leur côté 70 000 participants, contre 60 000 une semaine auparavant.
Les écarts entre les deux décomptes restent considérables. Ils conduisent également à des lectures différentes de l’évolution de la mobilisation : une baisse selon les chiffres préfectoraux, une progression selon ceux des organisateurs.
Des affrontements après la dispersion
Après la dispersion du cortège, la préfecture a signalé la présence de groupes représentant environ un millier de personnes dans les secteurs de la Victoire, des Capucins et de Saint-Michel. Des jets de projectiles et des affrontements avec les forces de l’ordre ont été rapportés.
Des barricades et plusieurs incendies de mobilier urbain ont également été signalés. Place de la Victoire, un distributeur automatique de titres de transport TBM a notamment été détruit par les flammes.
Les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les groupes. Selon les autorités, elles ont notamment cherché à empêcher leur progression vers les artères commerçantes du centre-ville. Des affrontements se sont poursuivis en fin d’après-midi.
Dans son premier bilan établi samedi à 19 heures, la préfecture faisait état de sept personnes placées en garde à vue et d’un membre des forces de l’ordre blessé. Aucun autre blessé n’était mentionné dans ce bilan provisoire.
À cette même heure, les autorités indiquaient qu’aucun commerce n’avait été dégradé. Cette information reste à distinguer des dommages causés au mobilier urbain et aux installations de transport.
Ces données constituent un bilan provisoire, susceptible d’être complété par les autorités.
Un troisième samedi différent des précédents
Le cortège syndical s’est une nouvelle fois déroulé dans le calme, avant que des affrontements n’éclatent après sa dispersion. Un déroulement similaire à celui du 24 octobre, avec toutefois une différence importante : cette fois, la préfecture avait autorisé le parcours déclaré par les syndicats à travers le centre-ville.
Le 24 octobre, les manifestations avaient été interdites dans une partie de l’hypercentre bordelais, une décision maintenue par le tribunal administratif. Malgré cette interdiction, plusieurs milliers de personnes avaient défilé.
Pour le 31 octobre, la préfecture avait validé l’itinéraire déposé par l’intersyndicale, tout en maintenant une interdiction des rassemblements et manifestations dans un périmètre défini du centre-ville, à l’exception du parcours autorisé.
Un couvre-feu avait également été instauré pour les mineurs non accompagnés dans les zones concernées, entre 20 heures samedi et 7 heures dimanche. Des contrôles préventifs et un important dispositif policier avaient été annoncés.
Les violences du 31 octobre s’inscrivent par ailleurs dans un contexte particulièrement sensible pour Bordeaux. Le 17 octobre, des pillages et des dégradations avaient durement frappé plusieurs commerces, avec des conséquences matérielles, économiques et humaines pour les personnes concernées.
Le bilan provisoire de ce troisième samedi apparaît différent : les troubles ont principalement concerné la voie publique et les abords de la place de la Victoire, tandis qu’aucune nouvelle dégradation de commerce n’était signalée à 19 heures.
Une nouvelle manifestation annoncée le 5 novembre
La mobilisation sociale doit se poursuivre cette semaine. Une nouvelle journée de grève et de manifestations intersyndicales est annoncée pour jeudi 5 novembre, avec des revendications portant notamment sur les salaires, l’emploi, les services publics et le pouvoir d’achat.
À Bordeaux, la CGT Gironde donne rendez-vous à 12 h 30 place de la République, avec un départ du cortège annoncé à 13 heures.



Sur le même sujet
Bordeaux : le maintien de l’ordre du 17 octobre questionné
Manifestation du 24 octobre : ce qui attend Bordeaux samedi
Manifestation à Bordeaux : des milliers de personnes, une ville sous tension
Bordeaux : un cortège calme, puis des heurts en fin de manifestation
Après les pillages, un nouveau choc pour le commerce bordelais
À Bordeaux, le mouvement lycéen tient encore et gagne les étudiants