Projet EMME : la préfète signe l’autorisation environnementale
Quelques jours après l’annonce de recours contre le choix du site de Grattequina, la préfète de Gironde a signé l’autorisation environnementale du projet EMME. Une nouvelle étape administrative pour cette unité de conversion de nickel et de cobalt, toujours contestée par les communes de Blanquefort et de Saint-Louis-de-Montferrand, la SEPANSO Gironde et des riverains.
Le projet EMME franchit une nouvelle étape. La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a signé l’autorisation environnementale de cette future unité de conversion de nickel et de cobalt prévue sur le site de Grattequina, entre Parempuyre et Blanquefort, au bord de la Garonne. L’annonce a été faite par la préfecture dans un communiqué publié le 7 juillet.
Porté par la société Electro Mobility Materials Europe, le projet prévoit la transformation de nickel et de cobalt en sulfates, destinés notamment à la filière des batteries pour véhicules électriques. L’usine, attendue à l’horizon 2028 selon les éléments communiqués autour du dossier, doit s’implanter sur un site de 32 hectares appartenant au Grand Port Maritime de Bordeaux. Elle est classée Seveso seuil haut en raison des substances manipulées.
Selon la préfecture, l’autorisation environnementale intègre des prescriptions destinées à prévenir et réduire les impacts du projet sur l’environnement et la sécurité. Les services de l’État présentent EMME comme un projet stratégique pour la filière des métaux critiques, dans un contexte de réindustrialisation et de transition énergétique. Une précédente étape avait déjà été franchie début juin, avec un avis favorable du CODERST, présenté par la préfecture comme la finalisation de l’instruction réglementaire avant la signature de l’acte administratif.
Mais cette signature intervient dans un climat déjà tendu. Le 30 juin, les communes de Blanquefort et de Saint-Louis-de-Montferrand, la SEPANSO Gironde et des riverains avaient annoncé un recours contre la modification du PLUi liée au projet, ainsi qu’un recours contre le permis de construire. Leurs critiques portent moins sur le principe industriel du projet que sur son implantation en zone humide et inondable, au contact direct de la Garonne.
Les opposants redoutent notamment l’artificialisation de zones humides, les remblais nécessaires à la mise hors d’eau du site et une aggravation possible du risque d’inondation pour les communes riveraines. Avec cette autorisation environnementale, le dossier EMME franchit donc une étape administrative importante. Mais le feu vert de l’État intervient dans un contexte contentieux déjà engagé autour du choix du site, entre impératif industriel, protection des zones humides et risque d’inondation.



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