Treize services aujourd’hui dispersés et un investissement supérieur à 87 millions d’euros, le futur Institut de biologie et de pathologie doit profondément réorganiser les laboratoires du CHU de Bordeaux. Sa première pierre a été posée mercredi 2 septembre à Haut-Lévêque.
Le futur Institut de biologie et de pathologie du CHU de Bordeaux commence à sortir de terre à Pessac. La première pierre de cet équipement a été posée mercredi 2 septembre sur le site de l’hôpital Haut-Lévêque.
Derrière cette étape symbolique se trouve une opération de plus de 87 millions d’euros. Engagé à la fin de l’année 2025, le chantier doit s’achever à la mi-2028.
Treize services réunis sur un même site
Le bâtiment de 15 000 m², organisé sur cinq niveaux, réunira treize services de biologie et de pathologie actuellement répartis entre plusieurs sites du CHU.
Il accueillera notamment des activités de biologie médicale automatisée, de biologie moléculaire, de microbiologie, d’immunologie, de cytogénétique et de pathologie du cancer. Le centre de ressources biologiques et plusieurs plateaux techniques spécialisés doivent également rejoindre le nouvel Institut.
L’objectif affiché est de mutualiser les équipements, de créer des plateaux communs et de disposer de chaînes d’analyse à haut rendement pouvant fonctionner 24 heures sur 24. Cette organisation doit favoriser l’acquisition de matériels de pointe, augmenter les capacités d’analyse et faciliter le partage des équipements entre plusieurs disciplines.
Le CHU entend également répondre à la vétusté de certains locaux et améliorer les conditions de travail des professionnels.
Un réseau pour transporter les prélèvements
Le bâtiment disposera d’un accès logistique propre et sera relié aux services de Haut-Lévêque par un réseau pneumatique. Ce dispositif permettra d’acheminer rapidement les prélèvements vers les différents plateaux d’analyse.
Une liaison avec l’hôpital Pellegrin doit garantir la continuité de l’activité. La centralisation ne signifiera toutefois pas la disparition de tous les laboratoires sur les autres sites.
Des laboratoires d’urgence seront maintenus à Pellegrin et Saint-André. Une antenne d’anatomopathologie restera également à Pellegrin pour réaliser les analyses immédiates de pièces chirurgicales nécessaires pendant certaines opérations.
Un investissement de plus de 87 millions d’euros
Le CHU évalue l’investissement à plus de 87 millions d’euros, dont 68 millions consacrés aux travaux et 15 millions aux équipements biomédicaux.
Eiffage chiffre à 50,8 millions d’euros le contrat de conception-réalisation confié au groupement qu’il dirige. Ce montant ne couvre pas la totalité de l’opération, qui comprend également les équipements nécessaires au fonctionnement de l’Institut.
La pose de la première pierre s’est accompagnée de la signature d’un prêt de 70 millions d’euros entre le CHU et la Banque des Territoires. Ce financement doit soutenir la modernisation de Haut-Lévêque, notamment la construction de l’Institut de biologie et de pathologie et celle du futur nouvel hôpital.
Ce prêt s’inscrit dans un plan de financement plus vaste. En juillet, la Banque européenne d’investissement avait accordé 269 millions d’euros au CHU pour la première phase de son programme de modernisation, menée entre 2024 et 2029.
Haut-Lévêque au cœur d’un programme à 1,4 milliard d’euros
L’Institut fait partie des 26 opérations du programme « Nouveau CHU », dont dix concernent Haut-Lévêque. L’établissement prévoit d’investir au total 1,4 milliard d’euros dans la transformation de ses infrastructures.
Le site de Pessac doit connaître plusieurs autres évolutions majeures. L’extension de la radiothérapie doit être achevée en 2027. Le nouveau bâtiment consacré notamment au cancer, à la réanimation, à la chirurgie thoracique et cardiaque ainsi qu’aux urgences est attendu en 2032. La réhabilitation du bâtiment de cardiologie est annoncée pour 2035.
La pose de la première pierre marque ainsi moins le lancement d’un chantier, commencé plusieurs mois auparavant, que le début visible d’une réorganisation majeure des activités de laboratoire du CHU. L’établissement ne précise pas encore combien de professionnels rejoindront le bâtiment ni les effets attendus de cette nouvelle organisation sur les délais d’analyse.



Sur le même sujet
“La science n’est pas une opinion” : l’alerte de Gilles Bœuf à Bordeaux
Éclipse à Bordeaux : le Soleil sera masqué à 97,5 % mercredi soir
Floirac : quand l’observatoire de Bordeaux cartographiait les étoiles
Incendie en Gironde : 42 000 hectares brûlés et 220 000 personnes évacuées
À Bordeaux, la canicule relance le débat sur les écoles trop chaudes
Moustique-tigre : Bordeaux Métropole change d’échelle