Métropole

Incendie en Gironde : les évacuations gagnent la métropole bordelaise

L’incendie parti de Saumos a désormais parcouru près de 32 700 hectares et provoqué l’évacuation préventive de 167 000 personnes en Gironde. Alors que le feu reste dangereux aux portes de la métropole bordelaise, les armées portent leur dispositif à 1 500 militaires. Le CHU de Bordeaux a rouvert en urgence son ancien Ehpad de Lormont et prépare de nouveaux lits face à l’afflux de patients et de personnes vulnérables.

Article mis à jour samedi 25 juillet 2026 en soirée

L’incendie se rapproche de nouveaux secteurs habités au sud de l’agglomération bordelaise. Samedi soir, la préfecture de la Gironde a annoncé des évacuations à Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios et Cestas.

À Cestas, les secteurs de Croix-d’Hins, Pierroton et Toctoucau figurent notamment parmi les zones concernées. Les périmètres peuvent cependant évoluer rapidement et ne couvrent pas nécessairement chaque commune de manière uniforme. Les habitants doivent suivre en priorité les messages FR-Alert ainsi que les consignes diffusées par la préfecture et leur mairie.

Les personnes auxquelles il est demandé de partir ne doivent pas chercher à rejoindre un secteur déjà évacué ni emprunter un itinéraire différent de celui indiqué par les autorités. Les retours restent interdits sans autorisation.

Consulter le communiqué de la préfecture sur les nouvelles évacuations

Un bilan qui pourrait encore évoluer

Le dernier bilan officiel consolidé faisait état samedi de 32 700 hectares parcourus par les flammes et de 167 000 personnes évacuées en Gironde, dont 57 000 pendant la nuit précédente. Les évacuations annoncées dans la soirée pourraient faire évoluer ce chiffre.

Au moins une centaine de bâtiments ont été détruits. Plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers ont également été blessés depuis le début de l’intervention, sans qu’aucun décès ne soit signalé à ce stade.

L’accalmie relative observée samedi en milieu de journée n’a pas permis de considérer le feu comme fixé. En soirée, les conditions redevenaient moins favorables, avec un incendie toujours susceptible de connaître des reprises rapides et de changer de direction.

À Villenave-d’Ornon, un orage accompagné d’un peu de pluie a été observé vers midi. Ce répit très localisé ne permet pas de conclure à une amélioration générale : des précipitations faibles ou irrégulières peuvent ne pas atteindre les principaux fronts et les rafales liées aux orages peuvent compliquer les opérations.

L’interdiction de retour reste la règle

Sur le bassin d’Arcachon, la situation demeure particulièrement surveillée autour d’Andernos-les-Bains. Le feu a pu être contenu pendant la nuit à proximité du centre équestre et du CAASI, mais des reprises ont été observées sur plusieurs axes, notamment autour de la D106, de la D215 et de la zone industrielle nord.

Aucune habitation n’avait été touchée dans la commune au dernier point municipal, mais les habitants évacués ne sont toujours pas autorisés à rentrer. Des contrôles sont effectués par la gendarmerie.

Dans l’ensemble des communes concernées, une route paraissant praticable ne signifie pas que le retour est possible. Des foyers résiduels, des chutes d’arbres, des lignes électriques endommagées ou le passage des secours peuvent encore présenter un danger.

1 500 militaires mobilisés

Le ministère des Armées annonce un dispositif devant atteindre 1 500 militaires samedi soir, en appui des pompiers, des forces de sécurité intérieure et des services de l’État.

Leur mission comprend notamment l’aide aux évacuations, la protection des habitations laissées sans surveillance et la sécurisation de certains sites industriels. Six unités du génie équipées de bulldozers doivent ouvrir ou renforcer des pistes forestières.

Sept hélicoptères apportent un soutien logistique. Vingt-trois bus militaires sont également mobilisés pour le transport des personnes évacuées, tandis que onze équipes médicales du service de santé des armées participent au dispositif.

Les armées engagent aussi des moyens de surveillance et d’intervention, parmi lesquels un drone Reaper, un hélicoptère NH90, un A330 MRTT doté d’une capacité d’évacuation sanitaire et un avion A400M équipé pour larguer du retardant. Ce dernier a effectué samedi après-midi un premier largage dans le secteur de Lacanau.

Au sol, neuf véhicules des pompiers de l’air et leurs équipages sont mobilisés directement contre le feu.

Le CHU de Bordeaux augmente ses capacités

Le plan blanc reste activé dans les établissements de santé. Le CHU de Bordeaux a ouvert des unités habituellement fermées pendant l’été sur les sites de Pellegrin et de Saint-André.

Le SAMU de Gironde a reçu environ 3 600 appels en vingt-quatre heures, contre 2 500 lors d’une journée habituelle. Des équipes venues de Charente, de Dordogne et des Landes renforcent le dispositif.

Des médecins et personnels paramédicaux sont présents au parc des expositions de Bordeaux-Lac. L’ancien Ehpad de Lormont, fermé depuis le mois de juin, a également été rouvert afin d’accueillir des résidents évacués.

Les structures sanitaires et médico-sociales du bassin d’Arcachon ont procédé à plusieurs transferts. Les patients et résidents sont répartis entre différents établissements de la métropole et des départements voisins.

Bordeaux-Lac reste le principal centre d’accueil

Le hall 3 du parc des expositions de Bordeaux-Lac peut accueillir jusqu’à 10 000 personnes. Plusieurs milliers de personnes y ont déjà été hébergées depuis le début des évacuations.

Des lits de camp, des repas, des espaces de repos et une zone destinée aux animaux y ont été installés. Le complexe sportif Colette-Besson est mobilisé pour permettre aux personnes accueillies de se doucher.

La Métropole demande de ne déposer aucun don directement au parc des expositions. L’arrivée désordonnée de vêtements, de nourriture ou de volontaires risquerait de gêner le fonctionnement du centre.

Les dons et propositions de bénévolat doivent passer par les communes. Les besoins prioritaires portent notamment sur les couvertures, les produits d’hygiène, les affaires pour nourrissons, certains vêtements et le matériel destiné aux animaux. Les denrées alimentaires ne sont pas demandées à Bordeaux-Lac.

Le numéro vert de Bordeaux Métropole est le 0 800 006 090.

Les fumées dégradent toujours la qualité de l’air

Les fumées continuent d’affecter l’agglomération bordelaise. La concentration en particules fines et en particules PM10 peut varier fortement selon le vent et la proximité des panaches.

Les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes ainsi que les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires doivent limiter les efforts physiques et les sorties lorsqu’une odeur de fumée est perceptible.

Le gouvernement a annoncé l’acheminement de 1,5 million de masques FFP2. Les modalités précises de distribution doivent toutefois être confirmées localement. En attendant, il ne faut pas se rendre spontanément dans un centre d’accueil ou un établissement de santé pour en demander.

Fermer les fenêtres peut réduire temporairement l’entrée des fumées, mais les logements doivent être aérés lorsque la qualité de l’air s’améliore. Un masque chirurgical protège peu contre les particules fines ; un FFP2 doit être correctement ajusté pour être efficace.

Routes et transports : éviter la Gironde

Bison Futé demande aux automobilistes de reporter leur déplacement et de ne pas traverser la Gironde afin de laisser les axes disponibles pour les évacuations et les secours.

Pour les trajets entre la France et l’Espagne, les itinéraires alternatifs passent notamment par les autoroutes A20 et A64. Des fermetures peuvent être décidées sans préavis autour des zones menacées.

La SNCF recommande également de reporter les voyages non indispensables prévus entre le 25 et le 27 juillet. Les circulations peuvent être modifiées ou interrompues selon l’évolution de l’incendie et les décisions de sécurité.

Avant tout départ, il est nécessaire de vérifier les informations auprès de la préfecture, de Bison Futé, de SNCF Voyageurs et des collectivités concernées.

Les numéros utiles

  • Informations générales sur les incendies : 09 70 80 90 40
  • Bordeaux Métropole, accueil et aide aux évacués : 0 800 006 090
  • Urgences médicales : 15
  • Pompiers : 18
  • Numéro d’urgence européen : 112

Les lignes d’urgence ne doivent être utilisées qu’en cas de danger immédiat. Pour les demandes d’information, il convient de privilégier les numéros dédiés et les canaux officiels.

La situation évolue rapidement. Cette carte et les informations publiées par les médias permettent de comprendre la progression générale, mais elles ne remplacent jamais les consignes opérationnelles des autorités.

Écrit par

Jean-Sébastien Dufourg

Directeur de la publication

Créateur du site web et co fondateur du magazine en 2011