Crise viticole : quel avenir pour 4 400 hectares en Gironde ?
Derrière les campagnes d’arrachage, une autre question se pose désormais en Gironde : que vont devenir les milliers d’hectares libérés par la crise viticole ? La future « Foncière d’avenir » vient de franchir une première étape concrète avec la signature, jeudi 9 juillet, d’un protocole réunissant l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine, les chambres consulaires, plusieurs banques et la SAFER.
L’appel à manifestation d’intérêt lancé au printemps a recueilli 430 dossiers. Ils représentent environ 4 400 hectares et plus de 6 500 parcelles réparties dans le vignoble girondin. La majorité des candidats sont des propriétaires exploitants. Départs à la retraite, cessations d’activité et réduction de la taille des exploitations figurent parmi les principales raisons avancées. Derrière ces chiffres se dessine une transformation profonde de territoires longtemps structurés par la vigne.
La SAFER Nouvelle-Aquitaine va désormais contacter les vendeurs et expertiser les biens. Les parcelles déjà arrachées, promises à l’arrachage en 2026 ou devenues des friches seront examinées en priorité. Leur potentiel de diversification agricole et leur capacité à contribuer au désendettement des exploitations devront ensuite être évalués.
La foncière n’est toutefois pas encore juridiquement constituée. Sa création est annoncée pour l’automne 2026, avant de premières acquisitions espérées d’ici la fin de l’année. Les statuts, les moyens financiers mobilisés et les terrains finalement retenus restent encore à préciser. De ces arbitrages dépendra la capacité du dispositif à agir à l’échelle des 4 400 hectares recensés.
L’enjeu dépasse la seule vente de parcelles. Il s’agit d’éviter que les arrachages ne laissent durablement place aux friches, tout en permettant l’installation de nouvelles cultures ou la réorganisation d’exploitations fragilisées. Un second appel à manifestation d’intérêt pourrait être lancé dans les prochains mois.
Des rangs de vigne au château de Fargues, dans le Sauternais. Photo d’illustration. © Bernard Lamarque / Bordeaux Gazette



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