Mathieu Demy, fils du regretté Jacques Demy et d’Agnes Varda est plus connu en tant qu’acteur qu’en tant que réalisateur. "Americano" est en fait une suite d’un des premiers films d’Agnès Varda dans lequel Mathieu tenait le rôle de Martin et qui se passait à Los Angeles : "Documenteur". Il a commencé sa carrière cinématographique à 8 ans dans un film de sa mère "Murs, murs" et il a 9 ans quand il tient le rôle de Martin dans "Documenteur". On retrouve Martin dans "Américano" après bien des années à Los Angeles sur les traces de sa mère et Martin est venu présenter son film à Bordeaux à l’UGC
Le film
Synopsis :
Martin vit à Paris avec Claire. Leur relation est dans une impasse. Lorsqu’il perd sa mère, restée en Californie, Martin doit retourner dans la ville de son enfance pour s’occuper des formalités liées à son héritage.
Arrivé à Los Angeles, il retrouve Linda, une amie de la famille, qui le mène jusqu’à l’appartement de sa mère, dans un quartier qu’il a bien connu lorsqu’il vivait avec elle.
Des images de son enfance refont alors surface, et le troublent. Incapable d’affronter cette épreuve, il fuit vers Tijuana où il s’égare sur les traces de Lola, une jeune femme mexicaine qu’il a connue jadis, et qui a depuis occupé une place importante dans la vie de sa mère. Il la retrouve à l’Americano, un club dans lequel elle danse tous les soirs... Mais pour faire son deuil, Martin va devoir revisiter son passé.
Réalisé par Mathieu Demy
Avec Mathieu Demy, Salma Hayek,
Géraldine Chaplin, Chiara Mastroianni
Carlos Bardem, Jean-Pierre Mocky
Pablo García, André Wilms
Genre drame, aventure
Durée : 1h 45mn
Mathieu Demy :
Après 2 courts métrage : Le plafond (2000) et La Bourde (2005) c’est son premier long métrage. "Americano" est son premier film de cinéaste, un road movie doublé d’un film intimiste sur un homme appelé Martin, joué par lui-même avec des réminiscences sur les films de ses parents, car il a un lourd passé et le problème est de se faire un prénom avec un nom aussi célèbre que Demy (Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy) n’est pas évident, d’autant le père que la mère ont des styles très marqués. En tant qu’acteur il a déjà un très riche palmarès car ayant commencé très tôt, mais dans le cas présent il enfile le costume de réalisateur en supplément.
Face aux spectateurs
Pour affronter le public il a du alternativement se mettre dans la peau du réalisateur et de l’acteur quand il n’a pas mélangé les deux.
Présenter votre film, ça c’est nouveau, est-ce un sentiment particulier ?
Mathieu Demy : J’ai joué dans des films depuis assez longtemps, c’est un changement de position, c’est assez particulier. Ça reste le début des rencontres avec le public.
- Mathieu Demy
- photo Bordeaux Gazette - Mireille Rajoely
L’envie de mise en scène n’est pas complétement récente ?
Mathieu Demy : "J’ai déjà fait des courts-métrage et il y a assez longtemps que je fais des petites choses en vidéo, ça m’a toujours intéressé comme acteur de comprendre ce que voulez faire un metteur en scène, de voir comment le langage s’écrit. C’était pour moi assez naturel de faire un film qui me soit personnel, ça me semblait un peu un passage obligé de raconter quels sont nos influences. De raconter d’où on vient tout simplement."
Qu’est qu’il y a eu de plus difficile, de compliqué ?
Mathieu Demy : "Il n’y a rien eu de compliqué, en fait c’est très difficile de faire un film, un film c’est long, c’est difficile mais j’ai pas envie de dire que c’est difficile, j’ai envie de dire que j’ai de la chance de pouvoir faire un métier que j’aime. ce qui est difficile c’est de s’exprimer, après c’est que du travail. Trouver un financement pour un premier film, c’est pas facile. Trouver de la place dans tous les cinémas quand beaucoup de films cartonnent et prennent tous les écrans, c’est pas facile."
On retrouve dans le film des éléments de films de votre père et de votre mère. Est-ce une coquetterie ?
Mathieu Demy : "C’est une manière de mettre les pieds dans le plat pour signifier, c’est ni une provocation ni une coquetterie, dans la famille, il y a un rapport à la fiction qui est très particulier. J’ai joué dans les films de ma mère tout petit, mon père m’a montré des films depuis l’enfance aussi. J’avais envie, j’avais besoin, je crois que c’est naturel de s’inscrire dans cette lignée, de parler de ce lien en fait. C’est aussi le sujet du film, c’est le lien entre les parents et les enfants et je voulais m’impliquer personnellement dans ce film. Pas faire un film pour faire un film, mais faire quelque chose de plus personnel. Je trouvais que c’était une manière de lier le fond à la forme".
A voir à l’UGC

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
Recherche
Sur le même sujet
Bordeaux Gazette Annuaire
