Canoë-kayak
Au 9ème jour de son périple qu’il effectue au rythme de la randonnée en kayak, Gérard Lajournade a atteint le point le plus haut de son parcours, à savoir 189,43 m. Cette altitude est celle du bief de partage qui se situe à l’altitude du seuil de Naurouze aussi appelé seuil du Lauraguais et qui est sur la ligne de partage des eaux entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée. Le port Ségala qui se trouve sur ce bief de partage à la limite de la Haute-Garonne et de l’Aude abrite le Relais de Riquet ou Gérard aime bien marquer une pause.
Port Ségala aussi nommé Le Ségala fait parti de la commune de Labastide d’Anjou, ce qui est relativement curieux car on est bien loin de l’Anjou dans ces marches du Languedoc Roussillon. Chaque année à pareille époque Gérard Lajournade fait halte au relais de Riquet pour s’offrir un Cassoulet en forme d’hommage a celui qui voici plus de 300 ans a réalisé l’ouvrage qui initialement s’est appelé Canal Royal du Languedoc et qui a été rebaptisé en Canal du Midi sous la Révolution Française. Dans son imaginaire il aime bien assimiler Riquet et Cassoulet, vu la proximité de Castelnaudary et cela redonne des forces à celui-ci qui avance au rythme de 3600 coups de pagaie à l’heure. Comme il a une pagaie double il place un coup de pagaie à droite et dans la seconde qui suit il place le coup de pagaie à gauche.
- Traversée de Toulouse à pied
- photo Bordeaux Gazette - Bernard Lamarque
Il est régulier comme un métronome, mais il n’a pas de compte tours pour lui indiquer quand il faiblit. Au quatrième jour de son périple nous l’avions laissé à l’écluse de Petit Bézy et il était alors sur le Canal Latéral à la Garonne, mais depuis il a rejoint le Canal du Midi après avoir traversé Toulouse à pied en poussant son canoë sur ses roulettes comme à l’accoutumé car il n’est pas possible pour ce type d’embarcation de sortir à chaque écluse celles-ci étant trop hautes dans la ville de Toulouse. Il est ainsi sorti au Port de l’embouchure du Canal Latéral et il a remis à l’eau à Port Saint Sauveur dans le Canal du Midi, après avoir évité les 3 écluses du Béarnais, des Minimes et de Matabiau. Cette gymnastique lui permet de se faire un petit restaurant face à la gare, il partage ses préférences entre couscous et paella et ensuite d’effectuer de menus achats avant de remettre à l’eau dans le Canal du Midi. C’est ainsi qu’après avoir attaqué le Canal du Midi sa première halte a été pour planter sa tente à l’écluse N°7 de Vic ou il a passé la nuit, pour une fois loin du bruit du train car entre Agen et Toulouse la ligne de chemin de fer est à proximité du Canal.
- Relais de Riquet
- photo Bordeaux Gazette - Bernard Lamarque
Pour sa deuxième étape sur le Canal du Midi, il a effectué une petite étape de 3h 35 de navigation ce qui l’a conduit à l’écluse N° 14 de Renneville à proximité de Villefranche de Lauraguais d’où il a pu prendre son élan pour rejoindre le bief de partage "Le Ségala" et faire son pèlerinage au Relais de Riquet ou ce Dimanche à midi il a communié à l’autel du Cassoulet. Dimanche soir il a rejoint l’écluse Saint Sernin N° 27 après avoir passé Castelnaudary. En 9 jours, il a couvert plus de 300 km et si ça vitesse est de 8 km à l’heure avec 3600 coups de pagaie à l’heure, tous les apprentis calculateurs auront vite fait le compte du nombre de coups de pagaie depuis le départ !

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
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