Même si au décours de cette campagne électorale on a eu confirmation d’une France qui voulait couper les cheveux en quatre, on a eu aussi confirmation que la hiérarchie des valeurs est plutôt scindée en deux et n’est pas la même chez les gouvernant(e)s et les gouverné(e)s. Quand les uns pensent : économie, dette, réforme les autres pensent identité, sécurité, honnêteté et un des problèmes majeurs, c’est que ce n’est pas l’honnêteté qui étouffe certains, comme cela avait déjà été mis en évidence après les affaires Cahuzac et Thévenoud. Autre découverte, confirmation après les « sans dents », c’est le souverain mépris, comme l’a montré Attali, que nos gouvernant(e)s ou leurs conseillers, ont pour une France qui se sert de ses mains et qui se lève tôt, voire très tôt pour gagner sa vie, comme si, seul le jus de cervelle avait de la valeur. Toutes ces visites chez les « vrais travailleurs » ne sont souvent que de la frime, terrible cette image d’un candidat s’essuyant longuement et soigneusement les mains après avoir serré celles des travailleurs de Whirlpool. Ce manque de respect et de dignité rend ces gens méprisables aux yeux du plus grand nombre des électeurs qui naviguent aujourd’hui entre déception et renoncement entre les deux champions du deuxième tour qui ne soulèvent guère l’enthousiasme ni dans un sens ni dans l’autre avec un score seulement acquis par un vote de rejet pour l’un des protagonistes. Dimanche soir le rideau va tomber sur l’acte un, mais dès ce moment il va se lever sur l’acte deux avec un troisième tour qui s’annonce des plus compliqué avec bons nombres de ceux qui ont appelé à voter pour l’un vont immédiatement rentrer en discidence avec ce dernier. On imagine mal que Marine puisse être élu car le score semble acquis à quelques points de pourcentage près, mais ce qu’il va falloir bien regarder c’est la participation et les votes blancs ou nuls qui risquent d’être très nombreux affaiblissant d’autant celui qui va l’emporter. Ce n’est pas parce qu’Emmanuel sera élu au premier tour qu’il va pouvoir gouverner car si on lit bien la constitution c’est le premier ministre qui sortira des urnes de la législatives qui aura le pouvoir. Alors attendons la suite après l’anecdote du premier tour où les français ont montré qu’ils avaient très envie de renverser la table.

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
Recherche
Sur le même sujet
Bordeaux Gazette Annuaire
