Mecarecit 2035

Mecarecit 2035 : Chapitre I

"Mecarecit 2035" le nouveau roman-feuilleton du mois. Un futur possible sans surprise sera robotique, mais ouvrons une fenêtre sur ce monde si proche de nous.

JOURNAL NUMÉRIQUE 26 avril 2035 Article « Bordeaux Gazzzett’.com » écrit par MLBM.

« Depuis que notre monde s’est approprié celui des loisirs pour laisser les corvées et les manœuvres les plus fatigantes et demandant une précision trop difficile aux robots, l’humain bordelais s’en porte -il mieux ?

Tel était le sujet de la conférence donnée à l’auditorium de Bordeaux Lac, hier soir en présence des plus éminents Administrateurs et Mécanos de France. Évidemment, la firme française « Robotique ingénierie » était également présente.

On fit un bilan plutôt positif où furent abordées l’ensemble des tâches désormais dévolues aux robots qui de simples aspirateurs ou adjoints de cuisine sont devenus de véritables collaborateurs efficaces dans tous les domaines. Evidemment,

« Robotique ingénierie » s’en est chaudement félicité.

La ligue des Méditants, en la personne de Monsieur Péricolin de Créones est sortie de sa transe pour confirmer la bonne entente et l’excellent travail collaboratif entre notre espèce et les Machines. Monsieur Richard Boulagrain journaliste à notre gazzzzett toujours aussi percutant, a souligné quand même, qu’il ne pourrait s’agir véritablement d’entente car les robots ne nécessitaient pas qu’il exista de véritables liens entre eux et nous. De Créones a simplement répondu un bref, je cite : Certes ! » avant de replonger dans sa méditation et être reconduit par sa mécamobile jusqu’au centre Sanctuaire de Pey Berland. Monsieur Boulagrain n’a pu s’empêcher de ricaner en murmurant, je cite : dès que la conversation tournait au naufrage, Créones prenait le large... ! Madame Virginie Debastide est également intervenue, soulignant que des quartiers entiers de Bordeaux ne bénéficiaient toujours pas de la robotique, quand Monsieur Boulagrain décidément très mordant, lui a fait aussitôt remarquer que pourtant la police bioméca y était en permanence en maraude. La représentante commissaire Héloïse R. crut bon alors de nous informer sur les chiffres révélaient une baisse notable de la criminalité dans toute l’agglomération. De plus, on ne déplorait aucun dépassement des règles *Asimoviennes établies. La prison augmentée GradiMéca, était pleine, mais les réhabilitations s’avéraient très positives. Elle a ajouté que le dernier modèle « Agent mécapolice A126 », pouvait désormais monter à 160 km heure et pouvait facilement prendre le contrôle à distance de n’importe quel engin à moteur. Après ce bilan pourtant encourageant, l’administrateur mentaliste Beauchamps a cru bon de prendre la parole pour déplorer l’augmentation constante des suicides. Le ministre des Loisirs Patrick Pouligan a alors rétorqué que de nouveaux jeux en ligne très prometteurs allaient bientôt être mis sur le marché. La réunion s’est terminée dans une certaine bonne humeur autour d’un cocktail. »

Après la lecture de l’article, Samuel Lechat referma sa tablette c’était l’heure des soins. Il soupira, pas moyen d’atteindre l’extérieur. Aucun mail ou message ne passait. Le mécamédecin entra en action. Le lit se souleva et les brosses nettoyantes se mirent en marche. En quelques minutes, la chambre était à nouveau stérile. Le lit redescendit.

- Bonjour, Monsieur Lechat, comment allez-vous ce matin ?

C’était toujours la même phrase, dite sur un ton aimable par une voix calibrée sans stress. Le mécamédecin s’assit en face de lui et son regard scanna l’ensemble du métabolisme de Samuel.

Et bien on dirait que cette vilaine fièvre a stoppé pour de bon. Je pense que d’ici deux jours vous pourrez regagner votre logis.

Une seringue sortit d’un de ses poignets et appuya sur le bras de Samuel. Une solution médicamenteuse pénétra par porosité dans son organisme. Ensuite, le mécamédecin procéda à la toilette de Samuel qui, pour le moment, n’avait toujours rien dit. Une fois prêt, un plateau-repas sortit du mur. Le malade dévora son contenu qui avait été préparé selon ses goûts personnels. Pendant ce temps le mécamédecin s’était déposé sur son socle au fond de la pièce pour se recharger et le lit s’était retourné pour laisser la place à une literie propre et bien repassée et surtout parfaitement dénuée de tous microbes et autres invisibles désagréments.
Samuel n’avait pas eu de visite depuis un mois. Il avait été atteint du virus Micromégas et son médecin robot était la seule interface avec lequel il avait pu converser, sauf que dès le troisième jour où il avait repris connaissance, il ne lui parlait plus. Les discutions avec la machine ne le menait nulle part et le plus souvent l’irritait quand cela ne le mettait pas carrément en colère.

Un mois auparavant, on l’avait retrouvé évanoui dans la rue alors qu’il sortait d’une séance de sport. Son box qui aurait dû être aseptisé, avait été souillé par un virus. C’était le troisième cette année et les administrateurs préconisaient un nouveau vaccin à chaque fois. Ceux-ci étaient vendus toujours plus cher et ne conféraient pas toujours une immunité parfaite.

Samuel Lechat, depuis au moins une semaine, se sentait bien et pensait qu’il aurait dû sortir, mais la machine en avait décidé autrement. Il s’était mis en colère en vain, jetant une chaise sur le mécamédecin qui tout en étant fabriqué en simili biophysiologie qui lui donnait un aspect parfaitement humain, était plus solide que l’acier.

Deux jours plus tard, les portes s’ouvrirent enfin, et le mécamédecin le laissa partir sans oublier de lui faire petit discours sur les mesures d’hygiène à prendre pour éviter la prochaine contamination.

Lechat retrouva le monde extérieur avec ses vrombissements de moteurs et ses passants sous calmants qui souriaient en le saluant.

- Bonjour ! voyez comme il fait beau aujourd’hui !

Samuel ne répondit pas, de toute façon on ne l’écouterait pas et il avait d’autres projets.

Une des règles d’Asimov : « Un robot ne peut porter atteinte à un humain »

(illustration MC ESCHER )

Ecrit par Marie-Laure Bousquet Moison

Auteure de romans à suspense ainsi que de romans d’aventures, je suis rédactrice à Bordeaux-Gazette depuis 2016 où j’interviens le plus souvent dans les rubriques sur le théâtre, la culture, ou l’Art de vivre. J’alimente aussi la rubrique roman-feuilleton « Et si je vous racontais » avec des nouvelles fantastiques ou étranges.


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