Gilles de Rais était-il coupable ?

Les ruines majestueuses du château de Tiffauges posent toujours, longtemps après son exécution et celle de ses valets cette lancinante question : Gilles de Rais était-il coupable des crimes innombrables dont on l’accusa ou ce compagnon de Jeanne d’Arc fut-il à la fois victime de la censure, de la rumeur publique et de l’appétit du Roi pour sa fortune ?
Le cas du Barbe-Bleue français interpelle en effet et innombrables ont été les historiens, psychanalystes et romanciers à se pencher sur ce cas épineux. Parmi eux, Georges Bataille dont il sera question dimanche 12 mai à 17 h au château de Mongenan où Florence Mothe s’interrogera sur ces pourfendeurs de la censure que furent Georges Bataille et Michel Foucault.
Les pratiques sexuelles pour intimes qu’elles soient doivent-elles être condamnées ? Bataille qui, paradoxalement n’a jamais été censuré, a défendu l’opinion inverse en prônant une sexualité à la fois débridée mais aussi mystique. Était-ce celle que pratiquait Gilles de Rais ? Ou se livrait-il seulement à des recherches ésotériques et alchimiques qui n’avaient pas l’heur de plaire aux curés de son temps ?
Michel Foucault s’est penché sur le problème que pose la liberté à tous les pouvoirs, qu’il soit de royauté, d’empire ou de République. Son opinion était que les déviances sexuelles sont combattues par les puissants car elles distraient l’individu de sa vocation sociale. Le patron estimera que l’ouvrier doit se concentrer sur son travail. Le chef d’état indiquera que les citoyens sont là pour faire des enfants et que de cette démographie découle les armées victorieuses et la baisse générale des salaires par augmentation de la main d’œuvre disponible.
Ces considérations n’ont rien à voir avec la littérature, la philosophie ou le bonheur personnel, mais elles induisent des censures d’autant plus violentes et extravagantes qu’elles sont plus intimes.
La censure entre donc dans les ruelles, entre les draps, s’insinue dans les couples et s’attache à ce que les hommes de lettres soient poursuivis pour atteinte aux bonnes mœurs. Mais pourquoi condamne-t-on Gilles de Rais et non Charles Perrault qui l’a fit entrer dans toutes les consciences enfantines sous le nom de Barbe-Bleue ? Autant de questions qui seront débattues dimanche à Mongenan où il est question de censure tous les dimanches jusqu’au 14 juillet.

Renseignements : Château de Mongenan,
33640 Portets, tel : 05 56 67 18 11
Visite à partir de 14 h.
Conférence à 17 h suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine,
entrée 10 €.
photo : château de Tiffauges, Vendée


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