Portets

Le complot de l’œillet, dernier espoir de Marie-Antoinette

La robe est en satin d’un noir un peu violet. Un châle de dentelle comble le décolleté et ses pans s’attachent à la taille. Cette robe, présentée au château de Mongenan, est une des innombrables copies réalisées en 1792 pour les dames de qualité de la robe de deuil que la Convention avait offerte à Marie-Antoinette après l’exécution de Louis XVI. Elle provient de la collection de Mme de Saint-Brice avec d’autres objets de dévotion monarchique tels deux lettres manuscrites de la Reine, un portefeuille de soie bleue brodée pour elle par Mme de Lamballe, deux petites planches de cuivre à dessins religieux devant lesquelles elle priait en prison et une page d’écriture de l’enfant du Temple. La vitrine qui renferme ces objets est la plus émouvante de l’exposition et rappelle à quel point les derniers jours de Marie-Antoinette ont représenté, à l’époque, une tache dans l’histoire de la Révolution. Mais aurait-on exécuté la Reine si les tentatives pour la faire évader n’avaient pas été aussi nombreuses et aussi maladroites ? Alexandre Dumas a dressé un portrait très flatteur d’Alexandre de Rougeville, son fameux "Chevalier de Maison-Rouge" qui fut au centre de ces divers projets en compagnie du Général de Jarjayes, de Mme de Saint-Brice et de Mme de Forbin-Janson. A plusieurs reprises, la Reine aurait pu être enlevée par les comploteurs. Chaque fois, la chance lui manqua et la découverte de ces complots ne fit que hâter le sort funeste qui lui était réservé.
En entrant dans l’intimité de ces mouvements ultra, on découvre une faune qui n’est pas que pittoresque. Agents secrets, agents d’influence, espions, affairistes, femmes du monde écervelées s’y croisent et coopèrent. On est bien loin de l’image qu’on voudrait nous donner du peuple luttant pour sa liberté et enfin vainqueur de la tyrannie. Il est question d’argent, de fausse monnaie, de diplomatie parallèle, de policiers véreux, d’hommes politiques corrompus. Cette page d’histoire a rarement été contée. C’est pourtant à cette rude tâche que s’attellera Florence Mothe dans la conférence qu’elle donnera le dimanche 3 novembre à 17 h au château de Mongenan à Portets. La conspiration de l’œillet qui tire son nom de la fleur jetée par Alexandre de Rougeville à la Reine au cours d’une de ses visites à la Conciergerie sera longuement évoquée. Marie-Antoinette y répondit par un autre œillet froissé dans du papier de soie dans lequel elle avait glissé un message à coup d’épingles. Espoirs déçus, manipulations politiques, trahisons familiales, intérêts financiers, tout sera dévoilé des derniers jours de la Reine qui, avec le Chevalier de Maison-Rouge voyait s’évanouir sa dernière espérance.
Renseignements Château de Mongenan 05 56 67 18 11
Ouvert tous les jours y compris dimanches et fêtes de 14 h à 18 h, visite thématique Marie-Antoinette, durée 1 heure, entrée 10 €,gratuite jusqu’à 12 ans.


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