Portets

Paul Virilio, cet inconnu

Les plus grands philosophes avancent parfois masqués sous les visages de l’architecte et de l’urbaniste. Tel est le cas de Paul Virilio décédé il y a deux ans, dont peu de gens connaissent le nom et dont tous ignorent ou à peu près quel importance ce penseur a eu dans leur vie quotidienne. Fils d’un communiste italien et d’une mère bretonne, rien ne disposait Virilio à devenir penseur, sauf un bombardement qui le surprit enfant à Nantes et le persuada de la fragilité des choses humaines. Devenu maître verrier, il suivit en même temps en Sorbonne les cours de Raymond Aron et de Wladimir Jankélévitch et c’est par l’intermédiaire de ce grand philosophe dont elle avait été également l’élève qu’il rencontra Florence Mothe dans les années 1980. C’était la période faste de la culture et des idées. Virilio délirait sur les bunkers de la Côte Aquitaine et avait convaincu Emile Biasini , à l’époque patron de la MIACA avant de devenir celui du Grand-Louvre "d’en faire quelque chose". Depuis vingt ans, l’architecture le taraudait. Il se rendait avec Claude Parent au Festival de Royan, suivi de son élève préféré un dénommé Jean Nouvel. Il écrivait partout, se passionnait pour l’interdisciplinarité et affirmait qu’il n’était pas plus cher de construire de beaux immeubles que des chalandonnettes.
Un jour, la vitesse le rattrapa et il se mit à penser que nos sociétés étaient en train de pourrir sur place parce qu’on sacrifiait tout à la vitesse et à la rentabilité, affirmant que nos hommes politiques, incapables de nous inculquer des idéaux valables, gouvernaient uniquement par la peur. "Ils sont tous devenus flics", s’écriait-il en s’élevant contre les addictions technologiques qu’induisait la société contemporaine.
Le message de Paul Virilio sur la pollution des distances est en pleine actualité. Il vient couronner les travaux de la Convention citoyenne sur le climat auxquels Florence Mothe a participé, et le philosophe a du se réjouir, depuis le ciel, du résultat des dernières municipales.
Autant de bonnes raisons pour que Florence Mothe évoque son œuvre qui est considérable dans la conférence qu’elle donnera le dimanche 5 juillet à 17 h au château de Mongenan. Il y sera question du gouvernement par la peur et du globaltotalitarisme, un néologisme inventé par Virilio, mais qui dit bien ce qu’il veut dire.

Renseignements château de Mongenan 05 56 67 18 11.
Visite commentée tous les jours de 14 h à 18 h et de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h à partir du 1° juillet,
Conférence durée une heure, suivie de la dégustation des vins du domaine.


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