Cedric Klapisch et Gilles Lellouche sont venus présenter le film "Ma part du gâteau" projeté en avant-première à l’UGC. Ce film s’appuie sur des thèmes d’une actualité douloureuse et c’est quelque part un playdoyer pour un retour aux vraies valeurs : la sincérité, la vérité, l’amour (le vrai) et la solidarité.
Le film :
France, ouvrière, vit dans le nord de la France, à Dunkerque, avec ses trois filles. Son usine a fermé et ses collègues se retrouvent comme elle au chômage. Elle décide de partir à Paris pour trouver un travail. Elle accepte un stage pour devenir femme de ménage. Puis se fait engager chez un homme qui vit dans un univers radicalement différent du sien. L’homme est un riche trader qui travaille entre la City de Londres et le quartier de la Défense.
- Gilles Lellouche et Cedric Klapish
- photo Bordeaux Gazette - Mireille Rajoely
France découvre alors les gens qui vivent dans le luxe. Et finira par apprendre que le sympathique trader est en partie responsable de la faillite de son ancienne entreprise.
C’est Gilles Lellouche qui incarne le trader cynique dont le rythme de vie totalement déjanté (le fric 24h sur 24, la semaine et débauche le week-end) est en totale contradiction de la vie de France de la "France d’en bas" pour reprendre une formule qui a fait fureur. Les valeurs de France n’ont rien à voir avec les appétits du Trader aux sentiments en "peau de lapin"
Le réalisateur et l’interprète :
Cedric Klapish : "Le film est une réaction aux écarts sociaux qui ne font que grandir depuis quelques années" et il précise :"il y a beaucoup de choses dans ce film, c’est un mélange de choses sérieuses et de choses pas sérieuses, les choses sérieuses c’est les choses dramatiques qui se passent en ce moment. C’est la première fois que je fais un film lié à l’actualité. Je suis parti du constat de l’actualité et je me suis dit ; c’est pas brillant ce qui se passe aujourd’hui, le monde du travail est plus douloureux aujourd’hui qu’il y a 20 ans, vu les suicides à France Télécom, les délocalisations, les licenciements, il n’y a que des drames et j’ai voulu parler de çà" il conclut : "pour moi, le but du cinéma c’est d’avoir du sens et parler de la réalité, on s’est nourri de la réalité et c’était le but du film."
Gilles Lellouche : Ce qui m’a marqué dans cet univers de la haute finance, c’est qu’on a affaire à des types qui sont un peu hors la vie, un peu déshumanisé. Quand je parlais avec eux, je leur posait des questions, ils me répondaient sans me regarder, ils sont évanescents, ils sont entrain de penser au coup qu’ils viennent de rater et à celui qu’ils vont faire. Se sont des types qui sont une sorte d’ordinateur humain en fait. Ça fait des années qu’ils sont là en train de gagner du fric, sans faire de généralité, la plupart ils n’ont pas de famille, pas d’enfants, c’est des machines à gagner du fric. Donc forcément on n’est pas avec des gens très attachant, ils sont rivés sur leur téléphone ou sur leur écran d’ordinateur.
Réalisé par Cédric Klapisch
Avec Karin Viard, Gilles Lellouche,
Audrey Lamy
Sortie : 16 mars 2011
Durée : 1h49
Production : 2010
Titre Original : Ma part du gâteau
Pays : France

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
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