Bordeaux
Vendredi 26 juin dans les salons du Palais Rohan, en présence d’une importante assistance Régis Debray a reçu des mains d’Alain Juppé, le prix Montaigne de Bordeaux pour son ouvrage « Un candide à sa fenêtre » publié chez Gallimard.
Depuis 2003
Ce prix créé en 2003 par la mairie de Bordeaux et l’Académie du vin, récompense un ouvrage portant des valeurs d’humanisme, de tolérance et de liberté chères au célèbre écrivain et ancien maire de Bordeaux. Le jury présidé par Alain Duhamel est composé de Serge Receveur (Secrétaire), Jean-Pierre de Beaumarchais, Florence Cathiard, Yves Harté, Robert Kopp, Alexandre de Lur-Saluces, Séverine Pacteau-de-Luze, Jean-Robert Pitte, Jean-Pierre Poussou, Brigitte Proucelle, Mathilde Royer de la Bastie-Chevallier et Jean-Didier Vincent.
Un candide à sa fenêtre :
« Je ne prise guère la littérature d’idées. Ses angles droits sont trop fastidieusement masculins et sûrs d’eux pour capter l’émotion, le tremblement, l’inattendu du réel ….. Parce qu’on résiste moins, avec l’âge, aux impulsions du farfelu, jusqu’à se permettre quelques divagations sur les dieux et les hommes, le beau et le moche, le mort et le vif, et même sur l’avenir de l’humanité. Sans dramatiser : les échappées qui suivent sont à un essai de ce qu’une flânerie est à un défilé, ou une songerie à un traité de morale. Elles demandent juste au lecteur un peu d’indulgence pour ce qu’elles peuvent avoir de mélancolique, de cocasse ou d’injuste ». Ainsi est évoqué son ouvrage par Régis Debray.
Les discours
Lucide et sarcastique à son endroit, il ne porte cependant pas comme Malraux dans son regard, la tragédie du monde, dira du récipiendaire Alain Duhamel, lors de son discours. Et de poursuivre que pas plus tendre avec lui-même qu’avec les politiques, il fait partie des figures de proue parmi les intellectuels, et surtout de ceux qui élèvent le débat, écorchant au passage BHL et Michel Onfray. Ce « Gaulliste d’extrême gauche » ou encore « Mitterrandiste repenti » est lu et apprécié par le président du jury. Après qu’Alain Juppé eût accueilli chaleureusement et déclaré rejoindre Régis Debray sur pas mal de points, notamment sur le rayonnement que donne la littérature à la France, il céda la parole au lauréat du jour.
Régis Debray va évoquer tour à tour, en des termes ciselés, souvent à demi-mot, l’ordre établi qui n’est pas un compagnon à combattre mais plutôt un compagnon égaré, l’esprit de modération et ceux qui incarnent le volontarisme de la modération, la revanche du tranquille sur l’excité, la fascination illusoire de l’homme nouveau et de la table rase, et ajouter que si rien ne se fait sans passion, réfléchir un peu avant, n’a quand même rien d’inutile. Eloge de la modération et de la tempérance qui l’amène à entrevoir l’idée que le pays pourrait bientôt faire appel à un gascon pour le diriger, et en plus un gascon qui sait lire et écrire en français …
L’essentiel ayant été dit, Régis Debray pouvait repartir avec son prix constitué de 20 caisses de Grands Crus de Bordeaux, membres de l’Académie du Vin de Bordeaux. Quant au large public, il venait tout simplement de goûter aux charmes de la culture et de la réflexion.

Ecrit par Dominique Mirassou
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