Bordeaux

René Buthaud et les hercules du « Stade Municipal »

Si je vous dis théâtre des exploits quasi légendaires des Giresse, Tigana et autre Battiston, nul doute que la grande majorité d’entre vous aura très vite trouvé de quelle « arène bordelaise » je parle ...

Par contre si j’évoque les créatures d’un certain René Buthaud, créatures mythologiques monumentales, ondoyantes et voluptueuses, il est beaucoup moins certain que vous soyez aussi nombreux à situer le lieu où l’on trouve ces beaux athlètes nus, dont l’un n’est rien moins que le mythique Hercule.

René Buthaud ...

Élève peintre et graveur à l’école municipale des Beaux-Arts de Bordeaux et ensuite à Paris, le talentueux René Buthaud remporte le second grand Prix de Rome de gravure en 1914.

Participant au Salon d’automne des artistes décorateurs, il va se distinguer à l’Exposition des Arts décoratifs de 1925.

Le retour à Bordeaux ...

Après avoir dirigé durant trois ans l’atelier céramique des Grands Magasins du Printemps dans la région de Tours, il revient à Bordeaux où il retrouve ses amis peintres Dupas, Despujols, Delorme et Charazac ... En 1931, il devient professeur à l’école municipale des Beaux-Arts.

Son inspiration classique et sa verve poétique vont conduire Buthaud à revisiter la mythologie et à répondre à la commande monumentale de six vases en mosaïque ornés de figures d’athlètes destinés à orner l’entrée monumentale et la cour d’honneur du stade municipal construit dans les années trente par les architectes Raoul Jourde, Jacques d’Welles et l’ingénieur Italien Dabbeni. Afin de donner aux vases une monumentalité en accord avec les lieux, leur hauteur fut finalement fixée à 3 mètres et leur nombre réduit à quatre.

Un certain Garibaldi ...

Afin de transposer les dessins d’athlètes réalisés par Buthaud en mosaïque, ce dernier fit appel aux mosaïstes Anselme Foscato et Henri Bibes.

Le bâti des quatre grands vases fut réalisé par un entrepreneur du nom de Garibaldi, parent du grand et célèbre Garibaldi.

Après que les mosaïques furent collées avec du ciment frais, rendez-vous fut pris avec le maire de Bordeaux Adrien Marquet, lequel apparemment très satisfait, félicita René Buthaud et déclara : « Ceci est digne de mon stade ».

Le chef d’œuvre ainsi édifié sous l’impulsion d’Adrien Marquet et sous le nom de Stade Municipal, allait recevoir la Coupe du Monde de football en 1938, et héberger la légende des Girondins de Bordeaux durant plus de 70 années.

Désormais baptisé Stade Chaban-Delmas, du nom du maire successeur d’Adrien Marquet suite à l’intérim assuré après la guerre par Fernand Audeguil, il abrite aujourd’hui les valeureux rugbymen de l’U.B.B. et le succès populaire est toujours au rendez-vous.

N’en déplaise aux nostalgiques des exploits des footballeurs au scapulaire, la magie des lieux perdure car sans nul doute les « Hercules de Buthaud » veillent et gardent le Temple !

Ecrit par Dominique Mirassou


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