Elections

Les mathématiciens du département d’économie de l’Ecole Polytechnique sont formels. De tous les modes de scrutin possibles, la France a choisi le pire possible. En suivant les traces de l’illustre mathématicien Condorcet qui avait réfléchi sur la question, ils pointent du doigt les défauts multiples du scrutin uninominal. Le premier est qu’il est ainsi possible d’éliminer un candidat qu’une majorité d’électeurs préfère. Ainsi, François Bayrou, en 2007 gagnait contre tous les autres candidats en duels, mais il a été éliminé au premier tour. Le second défaut est qu’il introduit la notion perverse de « vote utile » (incantation en vogue chez certains candidats) et conduit les votants à ne pas être sincère dans leur vote puisqu’ils doivent penser au second tour. C’est la raison pour laquelle ce mode de scrutin, qui est le pire, je le répète, est là pour longtemps car les formations politiques dominantes voient plus d’intérêt à le conserver qu’à le changer.

Comme je l’avais malheureusement annoncé dans un billet déjà fort ancien (celui du 22 aôut 2011), le parti écologiste, en ne choisissant pas Nicolas Hulot comme candidat pour le représenter, a perdu les élections. Mais plus grave encore, c’est l’écologie qui a perdu. Alors que les seules perspectives réelles et réalistes de redémarrage de l’économie (puisqu’il n’y a que cela qui intéresse les gens) sont dans une économie verte, l’écologie est la grande absente des discours politiques de la campagne.

Enfin, cette campagne présidentielle est tout à fait vide de tout projet ou programme électoral consistant. Les programmes sont essentiellement composés de petites mesures qui ne touchent qu’à la marge du fonctionnement de notre système moribond, et sont des emplâtres sur une jambe de bois quand ils ne sont pas purement et simplement le reflet de ce que l’humain a de plus ignoble. Dès lors, comment choisir entre peste, choléra, lèpre ?

Si l’on additionne, cela fait trois confiscations : confiscation de l’opinion majoritaire par un système de scrutin inadapté ; confiscation du véritable thème valable de la campagne au profit d’un racolage électoral ; confiscation de la possibilité de faire un choix réel entre les candidats puisque chacun ne fait que manier le vide avec la dextérité du funambule. Voter est un droit et un devoir, en ces temps incertains, c’est un acte héroïque.

On a les campagnes électorales et les dirigeants politiques que l’on mérite.

Ecrit par Marc


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