Bègles
Serait-il possible de ne pas penser à eux ? Serait-il pensable d’ oublier ces pièces maitresses de ce jeu d’ échecs à damiers bleu et blanc ? Je ne parlerai pas de tous les joueurs emblèmatiques, passés sous le blason pesant d’ humanité et d’ amitié de ce club, mais plutôt d’ hommes empreints de vie et de générosité, qui découvrirent que leur coeur était ovale !
Il y a maintenant plus d’ un siècle, un carré magique se mit à scintiller dans le ciel béglais aux noms de Gaston Martin, d’ André, Delphin et Louis Loche et donna naissance à un rêve de rugby.
Parler du C.A. Béglais, sans y mentionner le nom de Moga, serait indubitablement un sacrilège. Tous savent ce que ce nom, au fil des années, donna avec altruisme, amour, courage et que si ailleurs, on oublie vite, ici, on n’ est pas ailleurs !
C ’est ceci que je veux rappeler au fil des mots, c ’est ceci que je veux graver par ma plume un peu encore dans vos mémoires. Cette force curieuse des hommes de Bègles, unis à jamais autour de la passion de ce ballon malicieux. Et puis, pour qu’ il y ait émotion, quoi de mieux qu’ un magicien du verbe, un amoureux transi du club, un copain à tous, un gars formidable qui, plus que quiconque, aurait eu sa place ce samedi pour tirer une dernière salve d’ honneur, tel le capitaine Musard, aux occupants du pré. C’ est de toi, Patrick Espagnet, que je parle, toi trop vite rentré aux vestiaires sombres de la vie. Toi, le petit gamin de Grignols, tombé amoureux des peupliers disparus, tu brulais la vie sans peur et sans reproches. Tes paroles incisives ne cherchaient pas l’ estocade, elles n’ étaient que toi , ce Don Quichotte, écorché vif, à la musique du coeur si fragile. "Jazz, rugby et corrida" étaient ta devise, m’ a confié un vieil ami à toi(*), au regard troublé de souvenirs. Tu n aurais sans doute pas beaucoup aimé cette dernière, ni le rugby d’ aujourd’hui mais ce qui est sûr, c’ est que tu seras là parmi tous !
La course ne s’ arrète pourtant pas parce que l’ on remue le drapeau à damiers . De sigle en sigle, le club est devenu U.B.B. et a avant tout su grandir. Que l’ équipe fanion s’ échappe sous d’ autres cieux, il ne pouvait en être autrement mais n’ oublions pas que les jeunes pousses vont continuer à faire vivre le mythe de tout un peuple au même endroit, sur ce gazon chéri. Alors Mr Marti, vivez cet évènement comme un cadeau que le club et ses supporters vous font et que surtout vous méritez tellement. Votre engagement exceptionnel à leur égard et votre loyauté pour ce sport vous honorent, mais souvenez vous juste que toutes ces âmes vous regardent !
(*) Bob, du Plana.

Ecrit par Denis Lalanne
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