Paris

En ces jours particulièrement tragiques et douloureux pour chaque français et tout à fait effroyables pour les familles et les proches des victimes, tant la cruauté gratuite et sanglante des abominables assassinats perpétrés dans la capitale est intolérable, notre pays, profané, injurié, assassiné, prend conscience brutalement de l’horreur absolue.



« Peut-être aurions-nous d’abord besoin d’un moment de silence, d’un moment pour nous taire ensemble, pour nous taire à l’unisson de tous ceux qui craignent que les mots ne soient pas assez forts, pour prendre la mesure de l’injure, de la profanation que représentent ces attentats, de la perte de ces vies, de la douleur de leurs proches, de la détresse de ceux qui ne savent pas encore quelle issue attendre pour celles et ceux qu’ils aiment, le malheur de ceux et celles qui ne seront plus jamais les mêmes, certains dans leur corps, toutes et tous dans leur âme après ce vendredi soir.

Peut-être aimerions-nous trouver mieux que le langage pour nous assurer que nous ne sommes pas seulement stupéfaits, nous sommes vraiment, en ces moments, la même humanité, peut-être que la musique dirait cela, peut-être exprimerait-elle une prière dans laquelle se reconnaitraient ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas.

Cependant nous allons, comme le dit la formule rituelle qui ouvre cette émission, essayer d’éclairer l’actualité non de la semaine, mais des heures écoulées, parce-que prendre la parole est un des moyens de ne pas rester étourdi, assommé par l’ampleur de cette violence, de chercher comment vivre avec, vivre contre, y faire face, la combattre, parce-que si nous ne nous appliquions pas à tenter de penser, et même de penser l’impensable, l’inimaginable, il n’y aurait plus que des marches blanches et des cortèges de deuil.

Je crois m’exprimer pour tous ceux qui sont autour de cette table en disant que nous ne prenons pas la parole sans éprouver la crainte de ne pas être utiles, d’abonder le flot des bavardages audio-visuels …. »

Ces quelques lignes prononcées ce matin sur France Culture, par Philippe Meyer, au début de son émission : L’ « Esprit Public », loin, comme il le précise, des incessants et inévitables bavardages audiovisuels, méritent réflexion, alors que le deuil et la douleur sont immenses et que le combat contre l’impensable ne fait que commencer ….

Ecrit par Dominique Mirassou


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