La semaine des primeurs à Bordeaux, un bilan avec Antoine Lebègue.

Que penser de la semaine des primeurs ? Bordeaux-Gazette en dresse le bilan avec Antoine Lebègue, auteur de nombreux livres sur le sujet chez Hachette et Sud Ouest (Les vins de Bordeaux, Trente ans de millésimes, A boire ou à garder.

Bordeaux Gazette : La semaine des primeurs a drainé vers Bordeaux la grande foule des spécialistes du vin venus du monde entier, l’édition 2012 sera-t-il un grand millésime ?
Antoine Lebègue  :
Incontestablement, au moins sur le plan de la fréquentation et de l’impact médiatique. La semaine des primeurs constitue un formidable coup de pub pour Bordeaux.
Bordeaux Gazette : Toutefois, lors d’une conférence à l’écomusée de la vigne à Gradignan, le 7 avril, vous avez émis des réserves sur le principe des primeurs.

photo Bordeaux Gazette - Bernard Lamarque


Antoine Lebègue  :
Sur le principe, ce qui est gênant dans les primeurs, c’est le fait que l’on goutte des vins qui ne sont pas finis. Des « gamins en culotte courte ». Je préfère les systèmes qui mettent en dégustation des vins complètement élaborés, comme c’est le cas aujourd’hui des dégustations à l’aveugle du guide Hachette ou autrefois (dans les années 50 et 60) lors de la Lebègue wine week, plus connue sous le nom de « tasting Lebègue », organisée début octobre à Londres, qui avait un rôle de promotion des vins, comme les primeurs aujourd’hui.
Bordeaux Gazette : Est-ce que sans prendre trop de risques on peut avoir une idée de ce que va donner le petit dernier, le millésime 2011 ?
Antoine Lebègue  :
Il sera certainement inférieur aux 2010 et 2009, avec des vins rouges moins puissants et concentrés. Maintenant, il est sans doute très exagéré de dire que le 2011 sera décevant. Tout permet de penser qu’il se situera au-dessus des 2008. En plus, il marque un retour à une certaine tradition bordelaise, avec des vins privilégiant la finesse et l’équilibre. Et puis, il ne faut pas oublier les liquoreux, car dans ce domaine 2011 s’annonce comme un superbe millésime.
Bordeaux Gazette : Et pour les prix ?
Antoine Lebègue  :
Il n’est pas besoin d’être un devin pour voir qu’ils seront à la baisse. Notamment pour les grands crus prestigieux en rouge qui ont connu un emballement dangereux avec les millésimes 2009 et 2010. Toutefois, il ne faut pas oublier que la climatologie a fait de 2011 un millésime difficile avec une récolte limitée en quantité. Tous ces facteurs seront des freins à la baisse.
Bordeaux Gazette : Que faut-il penser de l’attitude de Latour qui a décidé de se retirer du système des primeurs ?
Antoine Lebègue  :
Il y a des excès dans le système, c’est certain. Mais de là à tout arrêter ? Si c’est un coup de pub ou un coup bas contre le négoce bordelais, c’est dommage car le vignoble girondin ne serait pas ce qu’il est sans les négociants. En fait pour les grands crus, il serait plus astucieux de s’appuyer sur les jeunes maisons très réactives qui ont vu le jour ces derniers temps à Bordeaux. Elles jouent souvent un rôle pionnier sur certains marchés émergents, je pense par exemple au travail des Bellemer en Chine.

Ecrit par La rédaction


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