Le Billet philo : Aimons nos défauts !

N’est-il pas désuet de ne vouloir aimer que des qualités chez les autres et en particulier chez son conjoint ? En effet, les vertus que l’on exige en général ne sont-elles pas plus ou moins "standard" dans la mesure où ce sont pratiquement toujours les mêmes qui sont recherchées comme des artifices de séduction bien lisses, bien nets, bien propres, à faire reluire chaque jour ? De plus, ces vertus idéales étant par définition inaccessibles dans la réalité, ne sommes-nous pas contraints de les simuler tant que nous pouvons au quotidien jusqu’à l’irritation épidermique ? Tandis que nos défauts expriment notre personnalité sans le moindre effort, d’une façon simple et donc plus naturelle, plus intime et plus sereine... Précisons, si de besoin, qu’il ne s’agit évidemment pas de faire l’éloge de défaillances importantes pouvant entrainer des situations pénibles pour soi et pour son entourage. Le propos porte sur les imperfections afférentes à notre unicité d’être humain faillible et fini que notre subjectivité permet de rendre aimables en les auréolant d’une irisation affective. Car, si la cécité idyllique apparaît souvent excessive, accordons-nous néanmoins la nécessité impérieuse d’une certaine presbytie pour nous aimer les uns, les autres.
C’est d’ailleurs sur ce principe que, grâce au romantisme empirique que nous connaissons tous aux jours de nos premières amours et parfois des suivantes, le camionneur en marcel devient un prince charmant et la soubrette en minijupe, une authentique belle au bois dormant.
De même que les feuilles d’une espèce d’arbre sont toutes similaires sans être identiques, les humains sont tous semblables sans être égaux. Chacun d’entre ces derniers se distingue des autres par la dégradation personnalisée des qualités qui caractérisent la perfection stéréotypique de son espèce. Par exemple, s’agissant des capacités physiques, des sens de la perception ou des facultés mentales, chacun sera plus ou moins performant que ses congénères suivant les âges et les circonstances. Dans tous les cas, les caractéristiques concrètes d’un être vivant demeureront toujours très inférieures à ses normes idéales.

En résumé, de tels défauts ne caractérisent-ils pas le plus sensuellement qui soit la personnalité d’un individu sur le plan corporel comme sur le plan moral ?

Bon ! Vous souriez ! Je le sais, je vous imagine devant votre écran, vous trouvez que je galèje…

Permettez alors que je vous cite un exemple pour mieux tenter de vous persuader !

Que préférez-vous : un objet présentant toutes les imperfections d’une création artistique tel qu’un meuble ancien, par exemple, où l’on peut observer la patine du temps et les traces imparfaites du ciseau à bois de l’ébéniste, ou bien un neuf, parfaitement irréprochable, mais sorti d’usine comme des centaines de milliers d’autres, sans aucune originalité ?

Ecrit par Georges S. Zeiller


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