La Gironde a vu le nombre de ses députés augmenter, car suite au redécoupage de 2010, la Gironde est passée de 11 à 12 circonscriptions. Sur les 11 circonscriptions, 2 circonscriptions seulement étaient détenues par la droite à savoir la 1ère (Bordeaux-Le Bouscat) et la 10ème (Libourne). C’est la circonscription tenue par François Deluga qui subit le plus de modifications et l’ensemble des modifications touchent essentiellement Bassin d’Arcachon, Sud Gironde et l’Entre deux Mers avec les circonscriptions 7, 9, 10, 11 et la création de la 12 entièrement nouvelle. L’aire métropolitaine de Bordeaux n’est pas affectée.
Le département
Ce sont 139 candidats qui vont s’affronter sur 12 circonscriptions pour ces législatives 2012 alors qu’ils étaient 143 en 2007 pour seulement 11 circonscriptions. En se tenant à la simple arithmétique sur les 12 circonscription l’UMP ne devrait décrocher que la 8ème circonscription (Arcachon, Audenge, La Teste de Buch) et si on s’en tient à la déclaration d’Alain Juppé qui souhaite aller à la reconquête des territoires, celle ci devra se faire à partir du Bassin d’Arcachon. Mais dans ce type de scrutin l’arithmétique ne fait pas tout et il y a des situations locales parfois complexes où il faut comptabiliser aigreurs, parfums de revanche, fusil à tirer dans les coins et autres "vacheries conviviales" car sur ce terrain là on s’éloigne toujours un peu de la politique.
- Circonscription de la Gironde en 2012
- Source Politiquemania
Pour ce qui est des situations stables on peut considérer que Marie Récalde (6ème) devrait siéger au parlement comme nouvelle élue, que Conchita Lacuey (4ème), Pascale Got (5ème), Martine Faure (12ème), Philippe Plisson (11ème), Alain Rousset (7ème), Noël Mamère (3ème) devrait retrouver leur siège. Les incertitudes réelles portent sur la 1ère, 2ème et la 10ème car pour la 9ème l’ancien député européen Gilles Savary devrait entrer au Parlement à la vue des scores de François Hollande sur les cantons de cette circonscription très ancrée à gauche où les communistes se comportent toujours bien. Dans la 10ème circonscription qui comprend Libourne, le siège de Jean-Paul Garraud semble menacé car le redécoupage ne lui favorise guère la tâche et Nicolas Sarkozy n’a la majorité que sur le seul canton de Lussac qui ne compte pas le plus d’électeur, mais traditionnellement très ancré à droite avec de bon score pour le Front National. Il y a comme ça quelques bastions du Front National qui existe en Gironde comme à Pauillac voire Coutras où au second tour François Hollande fait plus de 56% ce qui montre bien que le vote FN peut être un vote paradoxal.
La ville centre
En ce qui concerne les circonscription 1, 2 et 3 qui intéressent la ville de Bordeaux la 3ème n’échappera pas à Noël Mamère avec les scores de Bordeaux Sud (6ème canton), de Talence, de Bègles et de Villenave d’Ornon en faveur de François Hollande. En ce qui concerne la 1ère circonscription qui voit s’affronter Chantal Bourragué et Sandrine Doucet la lutte va être serrée car Les cantons de Bordeaux ont volontiers donné la majorité à François Hollande qui y est créditée de plus de 57% soit plus de 5 points au dessus de la moyenne nationale. La lutte risque d’être serrée mais Chantal Bourragué à l’air de tenir la corde. La circonscription qui va retenir toute l’attention est en fait la 2ème qui avait vu l’éviction d’Alain Juppé au profit de Michèle Delaunay qui va retrouver Nicolas Florian, le patron de l’UMP Girondine qui succède à Alain Juppé. La toute nouvelle ministre déléguée avait disposé d’un peu plus de 600 voix pour sceller sa victoire en 2007 et Alain Juppé aimerait bien que son poulain fasse mordre la poussière à Michèle Delaunay pour lui faire perdre son portefeuille comme il en avait été la victime. Maintenant du reste on parle de "jurisprudence Juppé" confirmé par Jean-Marc Heyraut et les battus perdront leur poste. Il reste quand même une petite inconnue avec l’éviction brutale d’Emmanuelle Ajon pour faire la place à Vincent Feltesse, président de la CUB, petite manœuvre qui est assez mal passée chez quelques militants ombrageux. De toute manière en rapprochant les résultats des législatives et des présidentielles on pourra extraire la part de rejet envers Nicolas Sarkozy et la part d’adhésion des électeurs envers la gauche. Même si en générale les électeurs ne se déjugent pas, ils apportent toujours des correctifs en fonction de situations locales. Bordeaux n’échapera pas à la règle et on verra si Alain Juppé n’a pas payé cash son allégeance totale à Nicolas Sarkozy qui a un peu déboussolé la droite républicaine dans cette élection. Elle mettra surement très longtemps a s’en remettre.

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
Recherche
Sur le même sujet
Bordeaux Gazette Annuaire
