Une des motivations essentielles de ce périple de Bordeaux à Sète pour Gérard Lajournade, outre le côté écologique de la promenade, était d’aller voir sur place les platanes malades du Canal du Midi et les conséquences de leur destruction. Les platanes bordent le Canal des Deux Mers (Canal Latéral à la Garonne + Canal du Midi) et sur la partie Canal du Midi, ils sont attaqués par un champignon : le chancre coloré. Rien ne dit que les platanes de la Gironde ne soit un jour contaminés.
Depuis les années 40, des milliers de platanes de la région Provence - Alpes-Côte-d’Azur, d’Italie et depuis peu de Suisse, sont atteints d’une maladie fongique incurable provoqué par un champignon ascomycète : Ceratocystis fimbriata, la maladie gagne du terrain dans l’Aude et en Haute Garonne jusqu’à Saint-Gaudens. Ce champignon qui pour l’instant n’est pas apparu sur les platanes du Canal des Deux Mers menace non seulement les arbres, mais aussi à travers eux, la stabilité des bord du Canal.
- Une série de platanes malades au bord du canal
- photo Bordeaux Gazette - Gérard Lajournade
Le système racinaire des platanes permet de stabiliser le sol et ce n’est pas pour rien qu’ils ont longtemps bordés nos routes nationales et il en reste toujours de nombreux. Considéré comme un arbre d’ornement et d’alignement, il y en a aussi de nombreux en milieu urbain, comme on peut l’observer à Bordeaux (boulevard Alfred Daney par exemple). C’est un arbre doté d’une extraordinaire longévité pouvant aller jusqu’à 10 siècles.
La tentative d’éradication de ce micro-champignon prédateur, passe par la coupe des arbres morts et le dessouchage pour éviter la propagation de la maladie qui peut se propager par l’eau, les activités humaines (taille, entretien des fossés, chantier, navigation...), les rongeurs et le platane lui-même par les systèmes racinaires qui s’enchevêtrent.Ainsi donc pour faire disparaitre les traces de ce champignon il faut non seulement dessoucher, mais aussi brûler les bois et après avoir désinfecté le milieu, combler le trou laissé par l’extraction de la souche.
- Comblement d’une souche de platane
- photo Bordeaux Gazette - Gérard Lajournade
Avant Trèbes, comme l’a remarqué Gérard Lajournade : "De nombreux platanes ont été supprimés, laissant un paysage de désolation sur les deux rives" . Il faut savoir que le Canal du Midi est classé au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1996 et qu’il appartient aux pouvoirs publics de le maintenir en l’état. Cela risque d’être un peu compliqué car il semblerait que les 40.000 platanes du Canal du Midi soient menacés. Les chercheurs de l’Inra se sont penchés sur le problème depuis de nombreuses années et ils n’ont pas réussi à trouver une thérapeutique satisfaisante. Par contre, les travaux des chercheurs de l’Inra menés sur les sites de Montpellier et de Montfavet (Avignon) ont conduit à la mise au point du PLATANOR® Vallis clausa, variété obtenue à partir de l’hybridation d’un platane américain résistant et d’un platane d’orient. Si elle présente toutes les caractéristiques ornementales du platane commun (lui-même hybride), cette nouvelle variété est nettement résistante à l’anthracnose et, à un moindre degré, à l’oïdium et au tigre. Ce platane supporte également bien la pollution urbaine et le vent.
Une puce électronique implantée à l’intérieur du tronc, garantie l’authenticité de chaque arbre dont les premiers sujets commercialisés ont été plantés à Lyon et sont suivis de près.

Ecrit par Bernard Lamarque
Co-fondateur de Bordeaux Gazette
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