Bordeaux
La Ville de Bordeaux s’apprête à vendre l’Hôtel de Basquiat, vaste hôtel particulier situé cours d’Albret, pour un montant de 5,45 millions d’euros. Autorisée par le conseil municipal du 3 février, la cession marque un tournant pour ce bâtiment patrimonial longtemps fermé au public et ouvre la voie à un projet mêlant culture, restauration et activités tertiaires.
Une décision municipale formalisée début février
La vente de l’Hôtel de Basquiat doit être autorisée par le conseil municipal de Bordeaux lors de sa séance du mardi 3 février 2026. La délibération soumise aux élus porte sur l’autorisation donnée au maire de signer l’acte de cession de ce bien communal, propriété de la Ville depuis 1888.
Le montant retenu s’élève à 5 451 000 euros, conformément à l’offre sélectionnée à l’issue de la procédure engagée par la municipalité.
Un hôtel particulier aux contraintes patrimoniales fortes
Situé au 31 cours d’Albret, l’Hôtel de Basquiat développe environ 760 m² habitables. Il bénéficie d’un classement au titre des Monuments historiques, couvrant à la fois ses façades et ses espaces intérieurs.
Ce statut protecteur garantit la préservation de l’édifice mais impose également de fortes contraintes d’usage. La Ville souligne que ce classement rend difficile toute reconversion en équipement public et implique des coûts de restauration très élevés, difficilement compatibles avec les capacités financières municipales actuelles.
Repères historiques : un édifice institutionnel au long cours
Selon la Plateforme ouverte du patrimoine (POP) du ministère de la Culture, l’Hôtel de Basquiat est un hôtel particulier édifié dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle, sur des terrains issus de l’ancien archevêché. Il aurait été construit pour Joseph de Basquiat de Mugriet, conseiller au Parlement de Bordeaux, avant d’être vendu comme bien national à la Révolution.
Les sources patrimoniales indiquent également un usage institutionnel durable, le bâtiment ayant notamment servi de rectorat et de résidence liée à l’administration académique. Cette vocation administrative éclaire l’occupation plus récente par le ministère de l’Éducation nationale et explique le caractère longtemps discret du lieu dans le paysage urbain bordelais. Son classement comme Monument historique, tant intérieur qu’extérieur, atteste de la reconnaissance patrimoniale de l’édifice, même si son histoire détaillée reste peu documentée dans les sources municipales contemporaines.
Un usage administratif arrivé à son terme
Jusqu’à l’automne 2024, l’Hôtel de Basquiat était occupé par le ministère de l’Éducation nationale, dans le cadre d’un bail conclu avec la Ville. Celui-ci a été résilié en octobre 2024, après la proposition par la municipalité d’une actualisation du loyer.
À l’issue de cette occupation, la Ville indique avoir mené une étude interne concluant à l’absence d’usage futur pour ce bâtiment, compte tenu de ses contraintes patrimoniales et financières. La décision de vendre s’inscrit ainsi dans une stratégie visant à réallouer les ressources issues de la cession à la réhabilitation d’autres éléments du patrimoine communal.
Une vente notariale interactive pour fixer le « juste prix »
La procédure retenue par la Ville repose sur une vente notariale interactive, autorisée par délibération du conseil municipal du 3 juin 2025. Ce dispositif, intermédiaire entre négociation classique et enchères immobilières, permet la confrontation en temps réel des offres.
Cinq candidats avaient obtenu l’agrément nécessaire pour participer à la session organisée sur 24 heures, du 29 au 30 septembre 2025. Les offres ont été évaluées selon trois critères : le prix proposé, la qualité du projet présenté et la date prévisionnelle de signature de l’acte authentique.
L’offre retenue et le projet annoncé
À l’issue de cette procédure, la Ville a retenu l’offre de la société LFPI REIM, branche immobilière du groupe La Financière Patrimoniale d’Investissement, pour un montant de 5,451 millions d’euros.
Le projet annoncé prévoit une ouverture partielle du site au public, une évolution notable pour un bâtiment jusqu’ici fermé. Dans le détail, l’aile gauche accueillerait un espace d’échange dédié à la culture, à la musique et à l’art, tandis que l’aile droite serait consacrée à un point de restauration. Le bâtiment principal conserverait une vocation tertiaire. L’ensemble est présenté comme un moyen de redonner de l’animation au quartier et de permettre l’accès à la cour intérieure.
Un calendrier encadré par les autorisations administratives
La délibération soumise au conseil municipal prévoit également le calendrier de finalisation de la vente. La signature de l’acte authentique est annoncée au quatrième trimestre 2026, et au plus tard le 31 mars 2027, sous réserve de la délivrance du permis de construire nécessaire à la mise en œuvre du projet.
Ce calendrier rappelle le poids des procédures réglementaires dans la reconversion d’un édifice classé, où la protection patrimoniale conditionne étroitement les délais et les usages futurs.

Ecrit par Jean-Sébastien Dufourg
Directeur de la publication
Créateur du site web et co fondateur du magazine en 2011
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