Situé à Belvès de Castillon, l’aventure familiale débute il y a trois générations. Florence et Paul Cardoso reprennent l’exploitation familiale à la suite des grands-parents en 1997 mais ce n’est que cette année que leur fille Lauriane, 24 ans, en alternance dans le management, entre à son tour dans l’entreprise et leur offre une idée originale.
Les cépages de merlot, de cabernet franc et de sauvignon s’épanouissent sur les douze hectares que compte le domaine. Et c’est sur le territoire du Grand Saint Emilionnais que le vigneron met un point d’honneur à respecter le terroir grâce à la mise en place d’une agriculture durable. « Nous avons la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) de niveau trois ce qui veut dire que nous mettons tout en œuvre pour respecter la faune et la flore. Nous ne désherbons que sous les pieds en laissant le maximum en herbé pour que les insectes polinisateurs puissent aller au milieu des rangs de vigne et ainsi avoir accès aux fleurs. » détaille-t-il. C’est ainsi que chaque année, le château Haut-Beynat sort une cuvée spéciale. « Celle-ci est composée de 80% de merlot et de 20% de cabernet franc. Tout d’abord nous sélectionnons le meilleur terroir de toute l’exploitation en faisant une sélection de parcelles sur le coteau. Au niveau structure du vin, les autres terroirs sont un peu plus fruités, le coteau est plus charpenté. Pour les vendanges, nous disposons d’une machine avec trieur embarqué qui ne garde que les plus belles graines. Arrivé au chai, le raisin est vinifié de façon traditionnelle avec une première fermentation en cuve inox et une deuxième en cuve ciment sous-terraine pour maitriser au mieux la
température. » explique Paul Cordoso.
- Cuvée spéciale
Mais cette année, c’est Lauriane qui a eu l’idée de la cuvée spéciale. « J’ai toujours été fan de l’univers d’Harry Potter depuis l’enfance. Nous avions fait la mise en bouteille au début du confinement, c’est à ce moment-là que l’idée a germé. Ce n’était pas prévu et cela nous a permis de nous occuper pendant cette période. Dans un premier temps nous avons fait la dégustation jusqu’à trouver la parcelle qui convenait puis, pour l’étiquetage, nous avons mélangé le logo de notre carte de visite avec les Reliques de la Mort. » explique-t-elle. Ce dessin, bien connu des « potterheads », ces fans inconditionnels de la saga, détaille les trois Reliques de la Mort : la Pierre de Résurrection, la Cape d’Invisibilité et la Baguette de Sureau. Selon le Conte des Trois Frères d’où l’histoire est tirée, ces trois objets réunis feraient du sorcier qui parvient à les retrouver, le Maître de la Mort. Au château Haut-Beynat, la Baguette de Sureau (schématisée par la barre verticale du milieu) laisse place à un filet bordeaux pour s’écraser dans un verre à ballon. Une idée originale de la famille de vignerons et qui leur ressemble. « Nous avons souhaité mettre « notre patte » en conservant un aspect moderne. Sur la contre étiquette on retrouve les mentions obligatoires mais l’étiquette en elle-même se devait d’être très épurée. »
- la Baguette de Sureau (schématisée par la barre verticale du milieu)
Mise en vente seulement depuis début mai, la cuvée spéciale inspirée du sorcier à lunettes se fait déjà connaître. « Des notes subtiles de vanille et une bouche présentant des saveurs intenses, elle est gorgée et pleine de fruits rouges et noirs frais, légèrement confiturée. Parfait pour accompagner vos belles soirées d’été autour de viandes rouges et blanches grillées. » Formule Sectumsempra, Spero Patronum, Stupeflix ou encore Expelliarmus, rouge ou clairet sur demande, l’édition limitée à 5 000 bouteilles promet de ne pas attendre juillet, fin annoncée de sa mise en vente, pour être déclarée sold out. « Nous avons déjà été contactés par l’association Lumos Maxima à l’origine d’un festival sur le monde magique en septembre prochain dans le sud-ouest mais aussi par Manon, le sosie officiel français d’Hermione Granger ! » se félicite Lauriane. Si l’époque n’est pas propice à l’achat de bouteilles au sein des domaines bordelais, les châteaux familiaux de plus petite envergure sont les premiers à faire les frais de cette absence de demande. « Pendant cette période, j’ai été au chômage partiel pendant un moment. Cette cuvée, c’est l’espérance d’un nouveau souffle. » intime-t-elle. Si la famille Cardoso songe déjà au futur avec l’ouverture de chambre d’hôtes dans le courant de l’année prochaine, pour le moment c’est la magie qui s’invite au château dans une bouteille et on a qu’une seule envie, c’est de crier Accio !
Vente directe au château ou sur www.chateau-haut-beynat.com.
Le château Haut-Beynat sur Facebook

Ecrit par Sabine Taverdet
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